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Turquie: 17 interpellations après les violences entre Kurdes (officiel)


Mercredi 10 juin 2015 à 13h51

Istanbul, 10 juin 2015 (AFP) — Les autorités turques ont arrêté 17 personnes après les violences mortelles qui ont opposé mardi à Diyarbakir (sud-est) des militants kurdes rivaux dans la foulée des élections législatives, a annoncé mercredi le gouverneur local.

Le bilan officiel des incidents a été porté de trois à quatre morts, a ajouté la même source.

Les violences ont éclaté après l'assassinat du directeur d'une ONG proche du parti islamiste Huda-Par, abattu par des hommes armés non-identifiés en quittant son bureau de Diyarbakir. Des heurts ont alors opposé des partisans d'Huda-Par à des militants du parti prokurde HDP (Parti démocratique du peuple), faisant trois autres morts.

La police a saisi de nombreuses armes, dont des fusils d'assaut Kalachnikov, et d'importantes quantités de munitions, a précisé le gouvernorat.

Les violences sont régulières entre les membres du HDP, réputés proches des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mènent la rébellion depuis 1984 contre l'Etat turc, et ceux d'Huda-Par, proche des mouvements islamistes radicaux.

Le chef de file du HDP Selahattin Demirtas a accusé mercredi le gouvernement islamo-conservateur et le président Recep Tayyip Erdogan de chercher à déstabiliser son parti, qui a réussi une performance historique lors des élections législatives de dimanche en récoltant 13,1% des voix et 80 sièges de députés.

"Certaines personnes essaient de plonger ce pays dans la guerre civile et le Premier ministre et le président sont aux abonnés absents", a déploré M. Demirtas devant la presse, "nous enterrons un mort par jour et ils sont silencieux".

Les violences de mardi interviennent après l'attentat à la bombe qui a fait trois morts et plus d'une centaine de blessés vendredi parmi des militants du HDP venus assister dans la même ville de Diyarbakir à une réunion de campagne de Demirtas.

Les auteurs de cet attentat n'ont pas été identifiés mais un suspect, dont l'identité n'a pas été révélée, a été placé en détention.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.