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Tensions Ankara-Bagdad: Davutoglu appelle Zebari pour une mise au point (diplomate)


Dimanche 1 decembre 2013 à 13h48

ANKARA, 01 déc 2013 (AFP) — Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu s'est entretenu au téléphone dimanche avec son homologue irakien, Hoshyar Zebari, pour dissiper les tensions à propos d'un oléoduc controversé, a indiqué à l'AFP un diplomate turc.

"La conversation téléphonique réalisée à l'initiative de la Turquie a permis d'évoquer les questions qui entourent les dossiers énergétiques et une mise au point a été effectuée concernant certaines informations de presse exagérées parues à cet effet", a précise cette source sous couvert d'anonymat.

Cet entretien intervient sur fond de tensions entre le pouvoir central à Bagdad et la Turquie à propos d'un oléoduc controversé qui pourrait commencer à pomper du brut à partir du Kurdistan (nord) pour l'export. Le gouvernement à Bagdad insiste pour que toutes les ventes de pétrole passent par lui

Les autorités irakiennes ont interdit aux vols privés en provenance de Turquie d'atterrir dans la région autonome du Kurdistan, ont annoncé des responsables samedi, à la veille d'une conférence sur l'énergie à Erbil à laquelle doit assister le ministre turc de l'Energie Taner Yildiz.

Le diplomate turc a précisé que le ministre turc se rendrait dimanche à Bagdad "dans le cadre d'un voyage prévu à l'avance afin de rencontrer ses interlocuteurs" et doit passer lundi à Erbil pour assister à cette conférence.

En 2012, l'Irak avait empêché l'avion de M. Yildiz d'atterrir à Erbil, affirmant que les permis nécessaires n'avaient pas été obtenus.

Les autorités kurdes cherchent à vendre leur pétrole à l'international sans passer par les autorités fédérales de Bagdad.

En visite récemment en Turquie, le Premier ministre kurde Nechirvan Barzani avait dit que les premières livraisons de pétrole du Kurdistan à la Turquie pourraient avoir lieu "avant Noël".

Le ministère turc des Affaires étrangères a affirmé samedi dans un communiqué que la Turquie et le Kurdistan s'étaient mis d'accord "sur des contrats commerciaux dans le domaine de l'énergie, qui sont compatibles avec la Constitution irakienne" mais que "le processus n'a pas encore été finalisé".

La Turquie tente aussi de normaliser ses relations avec Bagdad, mises à mal par ces accords énergétiques, et a proposé de servir de médiateur entre le gouvernement fédéral et les autorités kurdes.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.