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Syrie: sept civils tués dans un bombardement de l'armée dans le nord


Samedi 20 septembre 2025 à 23h35

Beyrouth (Liban), 20 sept 2025 (AFP) — Sept civils ont été tués samedi dans un bombardement mené par des forces gouvernementales dans le nord de la Syrie, dans une zone où des affrontements ont éclaté avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé des Kurdes, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Cinq femmes et deux enfants ont été tués dans le village d'Umm Tina, près de Deir Hafer dans la province d'Alep, dans un bombardement mené "par des membres de l'armée syrienne", a précisé l'ONG.

Il s'agit du plus lourd bilan dans la région depuis des mois, selon le chef de l'Observatoire, Rami Abdel Rahman.

Après que les forces islamistes ont renversé le dictateur syrien Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités et les FDS ont conclu en mars un accord d'intégration des institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde du nord du pays dans les institutions nationales.

Mais des divergences entre les deux parties ont retardé la mise en oeuvre de cet accord, et les Kurdes réclament un système de gouvernement préservant une part de l'autonomie dont ils jouissent de facto tandis que Damas refuse "toute forme" de décentralisation.

La région de Deir Hafer, située sur la ligne séparant l'armée syrienne et les FDS, est le théâtre d'affrontements périodiques entre les deux camps, a indiqué Rami Abdel Rahman à l'AFP.

L'Observatoire basé en Grande-Bretagne, qui s'appuie sur un réseau de sources en Syrie, avait rapporté plus tôt samedi que "des affrontements armés impliquant des drones et des armes lourdes" avaient éclaté après que l'armée eut ciblé des positions des FDS dans la région de Deir Hafer.

Les FDS, soutenues par les Etats-Unis, ont indiqué dans un communiqué que "des factions proturques affiliées au gouvernement de Damas" avaient mené des frappes de drones et des bombardements d'artillerie, "ciblant délibérément des maisons de civils".

Elles ont fourni le même bilan de sept civils tués, dont deux enfants.

Dans une interview à la chaîne al-Ikhbariya le 12 septembre, le président par intérim de la Syrie, Ahmed al-Chareh, avait reconnu que "les négociations avec les FDS (restaient) bloquées", tout en confirmant l'intervention de médiateurs étrangers. Il avait assuré avoir fait des concessions pour éviter une reprise des combats.

Soutenues par une coalition menée par Washington, les FDS ont joué un rôle crucial dans la lutte contre l'Etat islamique en Syrie, qui a finalement conduit à la défaite du mouvement jihadiste dans le pays en 2019. La zone qu'elles contrôlent est de facto autonome.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.