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Syrie: plus de 100 combattants tués dans des affrontements entre régime et jihadistes


Jeudi 11 juillet 2019 à 19h10

Beyrouth, 11 juil 2019 (AFP) — Plus de 100 combattants ont été tués depuis mercredi soir dans des affrontements féroces entre les troupes du régime et des forces dominées par des jihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté jeudi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Huit civils ont en outre péri en raison des combats dans cette région, selon la même source.

Six d'entre eux, dont un enfant, ont été tués dans des raids de l'armée syrienne contre la ville de Jisr al-Choughour, dans la province d'Idleb tandis qu'un a trouvé la mort dans des frappes effectuées par la Russie, alliée de Bachar al-Assad dans le conflit, contre le village de Latamneh, dans la province voisine de Hama.

La huitième victime civile est une femme touchée par des tirs de groupes rebelles contre la localité de Karnaz, tenue par le régime, selon l'OSDH.

En début de soirée, de violents combats faisaient rage aux abords de la région d'Idleb, qui échappe toujours au contrôle du régime et reste dirigée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda), selon la même source.

Depuis fin avril, le régime syrien et son allié russe ont intensifié leurs frappes sur la province d'Idleb et ses environs où HTS ainsi que d'autres factions rebelles et jihadistes sont présentes.

La région abrite trois millions de civils dont de nombreux déplacés par les combats dans d'autres parties de la Syrie en guerre.

- Colline stratégique -

Tard mercredi soir, les forces dominées par HTS ont pris au régime le village et la colline de Hamameyat dans la province de Hama. Une position "stratégique du fait qu'elle surplombe (...) les voies de ravitaillement des forces ennemies", a souligné Naji Moustafa, porte-parole du Front de libération nationale, allié des jihadistes.

Depuis, "les combats se poursuivent et les forces du régime mènent une contre-attaque pour reprendre le village, en sus de bombardements aériens et à l'artillerie lourde", a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"Les affrontements se sont intensifiés en début de soirée", a-t-il ajouté.

Les combats ont jusqu'ici tué 57 combattants côté régime et 44 côté rebelles et jihadistes, selon l'OSDH.

Au cours des dernières semaines, la région d'Idleb a enregistré les plus violents combats depuis un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie --fidèle alliée du régime syrien-- et la Turquie, parrain de certains groupes rebelles, visant à éviter une offensive d'envergure des forces loyales à Bachar al-Assad.

Les bombardements russes et syriens ont tué plus de 570 civils depuis fin avril, tandis que les tirs rebelles et jihadistes ont coûté la vie à 45 civils, selon l'OSDH.

Quelque 330.000 personnes ont fui les combats, d'après l'ONU, qui craint une catastrophe humanitaire.

- Attentats -

Deux attentats à la voiture piégée ont par ailleurs frappé des zones distinctes dans le nord de la Syrie.

Le premier à Afrine, une région du nord-ouest majoritairement kurde mais aujourd'hui contrôlée par des rebelles pro-Turcs, a fait au moins 13 morts dont huit civils, a indiqué l'OSDH.

En mars 2018, Ankara avait pris le contrôle d'Afrine, à l'issue d'une offensive menée de pair avec ses supplétifs syriens contre une milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG) que la Turquie qualifie de "terroriste".

"L'explosion a eu lieu près d'un barrage (des forces rebelles pro-Ankara) à l'entrée" de la ville d'Afrine, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Abou Slam, commandant d'un groupe rebelle syrien pro-Ankara, a indiqué à l'AFP qu'"un camion chargé de TNT a explosé dans un lieu rempli de civils". Il a accusé les combattants "kurdes d'être derrière l'attentat".

A Qamichli, une ville majoritairement kurde dans le nord-est, un véhicule piégé a explosé près d'une église, selon un journaliste de l'AFP. La police locale a fait état de huit blessés, la télévision d'Etat syrienne de 11.

Ces attentats n'ont pas été revendiqués.

Dans un communiqué, la police locale rattachée aux autorités semi-autonomes kurdes, a accusé des "groupes terroristes" sans les identifier.

La guerre en Syrie a éclaté en 2011 après la répression sanglante par le régime des manifestations pacifiques prodémocratie. Elle s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication d'acteurs étrangers et de groupes jihadistes et a fait plus de 370.000 morts.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.