
Mercredi 11 mars 2015 à 12h29
Beyrouth, 11 mars 2015 (AFP) — Le groupe jihadiste Etat islamique a lancé une offensive majeure mercredi pour tenter de conquérir la ville kurde de Ras al-Ain, située dans le nord de la Syrie près de la frontière avec la Turquie, a indiqué une ONG.
"Des combattants de l'EI ont lancé un assaut d'envergure sur Ras al-Ain et ils ont réussi à prendre un village proche", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les combats dans le sud et l'ouest de la ville ont fait des dizaines de morts dans les deux camps, dont 12 du côté kurde, selon l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de sources en Syrie.
Ras al-Ain, située dans la province de Hassaké et qui comptait environ 50.000 habitants avant la guerre, dispose d'un point de passage menant à Ceylanpinar en Turquie, et les villages alentours sont contrôlés par les Unités de protection du peuple kurde (YPG), la principale force kurde en Syrie.
Selon l'OSDH, l'offensive du groupe extrémiste est une attaque préventive contre les Kurdes qui planifiaient d'attaquer Tall Abyad, ville tenue tenue par l'EI plus à l'ouest et située également à la frontière turque.
Tall Abyad est une ville mixte arabe et kurde dans la province de Raqa (nord) et un point de passage clé des jihadistes de Turquie en Syrie.
Un porte-parole du Parti de l'Union démocratique (PYD), branche politique des YPG, a confirmé qu'il y avait des combats intenses près de Ras al-Ain.
Cette offensive intervient quelques semaines après que les combattants kurdes ont finalement chassé l'EI de la ville syrienne kurde de Kobané, un peu plus à l'ouest et sur la frontière turque.
Les forces kurdes et leurs alliés ont depuis reconquis une large partie des territoires alentours dans le nord et commencé à se diriger vers l'est vers la province de Raqa, où siège le "califat" proclamé par l'EI.
Ras al-Ain a déjà été le théâtre de combats acharnés en 2013 avant que les forces kurdes boutent hors de la ville des rebelles et des jihadistes liés à Al-Qaïda.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.