
Mardi 20 janvier 2026 à 15h05
Qamichli (Syrie), 20 jan 2026 (AFP) — Les forces kurdes ont annoncé mardi avoir été "contraintes de se retirer" du camp d'al-Hol, abritant des familles de jihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie, pour défendre leurs régions menacées par l'armée.
Dans un communiqué, les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) ont ajouté "se repositionner aux abords des villes du nord de la Syrie sous la menace" de l'armée, et dénoncé "une communauté internationale qui n'assume pas ses reponsabilités".
Al-Hol est le plus grand camp de prisonniers de la zone autonome kurde en Syrie. Il abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités, parmi lesquels des Occidentaux.
Le ministère syrien de la Défense a annoncé pour sa part être "entièrement prêt à prendre la responsabilité du camp d'al-Hol et des prisons" de jihadistes dans la région.
En vertu d'un accord de cessez-le-feu, l'armée s'est déployée lundi dans de vastes parties du nord et du nord-est de la Syrie dont les FDS se sont retirées.
Elle a massé des troupes aux abords de la région de Hassaké, coeur de la zone autonome kurde, où se trouve al-Hol et qui est toujours contrôlée par les FDS.
L'accord prévoit que l'Etat syrien devienne "responsable" des prisonniers de l'EI et que l'administration kurde chargée de ce dossier soit "intégrée aux institutions étatiques".
Elham Ahmed, une haute responsable de l'autorité autonome kurde, a déploré mardi dans une conférence de presse en ligne que "nos appels pour une intervention de la communauté internationale soient restés sans réponse jusqu'à présent".
Soutenues par la coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis, les FDS ont été le fer de lance de la lutte contre l'EI, défait en 2019.
L'armée avait affirmé plus tôt que les forces kurdes avaient "abandonné la garde du camp d'al-Hol", ce que les Kurdes avaient dans un premier temps démenti.
Elle a ajouté que les forces syriennes allaient "entrer dans la région pour la sécuriser".
Le ministère syrien de l'Intérieur a annoncé "prendre les mesures nécessaires en coordination avec la coalition internationale pour maintenir la sécurité" après le retrait des FDS.
Des milliers d'ex-jihadistes, dont de nombreux étrangers, sont détenus dans sept prisons et des dizaines de milliers de membres de leurs familles vivent dans deux camps établis par ces forces dans le nord de la Syrie, al-Hol et Roj.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.