
Lundi 19 janvier 2026 à 17h59
Qamichli (Syrie), 19 jan 2026 (AFP) — Les forces kurdes et le pouvoir syrien ont échangé lundi des accusations au sujet du sort des prisonniers du groupe jihadiste Etat islamique (EI), détenus par les Kurdes dans le nord et le nord-est de la Syrie où l'armée se déploie.
Damas a annoncé dimanche un accord de cessez-le-feu en vertu duquel l'armée du pouvoir islamiste va se déployer dans plusieurs zones contrôlées par les combattants kurdes, qui doivent s'en retirer.
L'accord prévoit que l'Etat syrien devienne "responsable" des prisonniers de l'EI et que l'administration kurde chargée de ce dossier soit "intégrée aux institutions étatiques".
Soutenues par les Etats-Unis, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) ont été le fer de lance de la lutte contre l'EI, défait en 2019.
Des milliers d'ex-jihadistes, dont de nombreux étrangers, sont détenus dans sept prisons et des dizaines de milliers de membres de leurs familles vivent dans deux camps établis par ces forces dans le nord de la Syrie.
Lundi, les FDS ont affirmé que l'une des prisons, celle de Chaddadi qui "abrite des milliers de prisonniers de l'EI, avait été "attaquée" par les forces gouvernementales.
Elle est située dans la province de Hassaké, toujours sous le contrôle des forces kurdes.
L'armée a accusé les forces kurdes d'avoir libéré des détenus de cette prison, affirmant ratisser ses alentours pour arrêter les détenus qui se sont évadés.
L'AFP n'a pas pu confirmer ces informations contradictoires.
Dans la province voisine de Raqa, dont doivent se retirer les forces kurdes, les FDS ont déclaré que des affrontements les opposaient à l'armée aux abords d'une autre prison où sont détenus des jihadistes, al-Aqtan, faisant état de "plusieurs tués" dans leurs rangs.
Un correspondant de l'AFP a vu des blindés du ministère de la Défense et des membres des forces de sécurité et de l'armée syriennes encercler la prison.
Il n'a pas entendu de tirs, mais indiqué que des combattants des FDS étaient déployés sur le toit de la prison.
Il a en outre vu deux avions qui relèveraient de la coalition internationale survoler le secteur.
L'agence officielle syrienne Sana a confirmé "le déploiement de forces de la police militaire aux abords de la prison pour la sécuriser".
Le gouvernement syrien a accusé dans un communiqué l'administration autonome kurde de "tenter d'exploiter politiquement le dossier du terrorisme" pour "faire chanter la communauté internationale".
Des milliers de jihadistes du monde entier avaient afflué en Syrie après le début du conflit en 2011, et avaient combattu dans les rangs de l'EI.
Depuis la défaite du groupe en 2019, des dizaines de pays, dont des Etats occidentaux, refusent de rapatrier leurs ressortissants.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.