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Syrie: les Kurdes désignent leurs représentants au Parlement


Dimanche 24 mai 2026 à 20h22

Damas, 24 mai 2026 (AFP) — Les régions à majorité kurde en Syrie ont désigné dimanche leurs représentants au premier Parlement de l'ère post-Assad, plusieurs mois après la conclusion d'un accord sur l'intégration des Kurdes dans les institutions de Damas.

Dans un processus qui a commencé en octobre 2025 et qui a été critiqué comme antidémocratique, des comités locaux -mis en place par une Haute commission nommée par le président Ahmad al-Chareh- à travers la Syrie ont désigné une partie des membres du Parlement.

La commission électorale avait annoncé en octobre les noms de 119 membres de la nouvelle assemblée, sur les 140 membres devant être désignés selon ce processus.

Les régions kurdes, principalement dans le nord-est, et celle de Soueïda, dans le sud, n'y avaient pas participé pour des "raisons de sécurité".

Selon l'agence officielle Sana, le scrutin de dimanche concernait des zones de la province de Hassaké (nord-est), ainsi que dans la ville de Kobané, dans la région d'Alep (nord), à majorité kurde, afin d'élire une dizaine de représentants.

A la faveur de la guerre civile en Syrie, entre 2011 et 2024, les Kurdes avaient pris le contrôle de territoires dans le nord et nord-est du pays, y installant leur propre administration.

Mais après la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024 et l'arrivée au pouvoir d'un dirigeant islamiste, Ahmed al-Chareh, les nouvelles autorités ont voulu intégrer les institutions civiles, militaires et sécuritaires kurdes dans les structures de l'Etat. Un accord a été signé à cette fin en janvier dernier.

Des partis kurdes ont critiqué dans un communiqué le mécanisme de formation du Parlement, "un processus de nomination" qui ne reflète pas la "volonté libre des Kurdes".

Ils dénoncent également une représentation qu'ils jugent insuffisante au sein du futur Parlement qui doit compter en tout 210 membres.

En plus des 140 membres désignés par les comités, M. Chareh doit encore nommer 70 représentants au sein de l'instance.

La province à majorité druze de Soueïda, secouée par des violences meurtrières en juillet dernier, reste en dehors du processus.

La semaine dernière, un chef druze, Hikmat al-Hijri, a répété être en faveur de la création d'une entité administrative autonome à Soueïda et du "droit à l'autodétermination".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.