
Mardi 3 février 2026 à 14h02
Qamichli (Syrie), 3 fév 2026 (AFP) — Les forces gouvernementales syriennes ont commencé à entrer mardi dans la ville à majorité kurde de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, conformément à un accord entre Damas et les Kurdes.
Un correspondant de l'AFP sur place a vu une colonne des forces de sécurité formée de blindés et de véhicules progresser vers Qamichli, principale ville à majorité kurde de la zone autonome établie par cette minorité.
L'agence officielle syrienne Sana a indiqué que la colonne était entrée dans Qamichli.
L'accord entre le pouvoir central et les Kurdes, annoncé vendredi sous la pression militaire de Damas, vise à intégrer les institutions et les forces kurdes au sein de l'Etat syrien.
Il anéantit les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.
Les forces de sécurité de Damas étaient déjà entrées lundi dans la ville de Hassaké, qui était sous contrôle kurde.
Les autorités locales kurdes ont imposé un couvre-feu dans la ville de Qamichli mardi pour faciliter les opérations.
L'activité était totalement paralysée en matinée dans la ville, où les places et les devantures des magasins fermés sont ornées de drapeaux kurdes, rouge, blanc et vert frappé d'un soleil.
Le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), Mazloum Abdi, avait indiqué que seule une "force de sécurité limitée", et non l'armée, entrerait à Hassaké et Qamichli.
Aux termes de l'accord, les FDS vont être intégrées au sein de l'armée et des forces de sécurité.
Les FDS avaient été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie menée par les Etats-Unis, qui soutiennent désormais le nouveau pouvoir syrien.
Des forces gouvernementales ont également commencé à se déployer lundi soir autour de Kobané, une poche kurde située plus à l'ouest dans la province d'Alep.
Cette ville, séparée territorialement de la zone autonome kurde, est le symbole de la première victoire kurde contre l'EI en 2015.
Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 le pouvoir de Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.
Avec le déploiement de ses troupes dans la zone kurde, il ne reste plus que la région druze de Soueïda, dans le sud, qui échappe à son contrôle.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.