
Vendredi 23 janvier 2026 à 10h21
Beyrouth (Liban), 23 jan 2026 (AFP) — La situation "volatile" dans le camp d'al-Hol en Syrie, qui abrite des milliers de proches de jihadistes du groupe Etat islamique (EI), a empêché l'agence de l'ONU pour les réfugiés d'y entrer, a déclaré vendredi une porte-parole à l'AFP.
Sous la pression militaire, les forces kurdes se sont retirées mardi d'al-Hol, le plus grand camp de familles de jihadistes en Syrie, et l'armée syrienne y a pénétré.
Le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) "a pu se rendre à al-Hol au cours des trois derniers jours mais n'a pas pu y entrer en raison de la sécurité volatile", a dit sa porte-parole en Syrie, Céline Schmitt.
Al-Hol abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.200 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d'autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.
Jeudi, le HCR et l'Unicef "ont pu livrer des camions d'eau au camp", a cependant indiqué la porte-parole.
"Le HCR retourne aujourd'hui à al-Hol, dans l'espoir de reprendre la distribution de pain qui avait été interrompue ces trois derniers jours".
Selon elle, le gouvernement syrien a indiqué être prêt à "assurer la sécurité et le soutien au HCR et ses partenaires humanitaires afin que les opérations humanitaires puissent reprendre".
L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a pris en charge la gestion du camp le 1er janvier, avant le début des hostilités entre Damas et les forces kurdes, a précisé Céline Schmitt.
Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) avaient été le fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, avec l'appui de la coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis, et avaient défait le groupe en 2019.
Elles avaient appréhendé des milliers de jihadistes incarcérés dans des prisons, et détenu leurs familles à al-Hol et dans le camp plus petit de Roj.
Mais les FDS ont dû se retirer ces derniers jours de vastes territoires du nord et du nord-est du pays sous la pression de l'armée syrienne, déterminée à prendre le contrôle de l'ensemble du pays.
Le pouvoir islamiste syrien avait annoncé mardi soir un nouveau cessez-le-feu avec les forces kurdes, forcées de se replier dans leur bastion de Hassaké et lâchées par leur allié américain.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.