
Jeudi 12 février 2026 à 11h40
Beyrouth (Liban), 12 fév 2026 (AFP) — La plupart des proches de jihadistes étrangers ont quitté le camp d'al-Hol dans le nord-est de la Syrie, depuis le départ le 20 janvier des troupes kurdes remplacées par les forces de sécurité syriennes, ont indiqué jeudi à l'AFP deux sources humanitaires et des témoins.
Al-Hol, le plus grand camp de familles de l'Etat Islamique (EI) en Syrie, abritait quelque 24.000 personnes, dont environ 6.300 femmes et enfants étrangers dans une section sous haute sécurité, connue sous le nom d'Annexe.
"Depuis samedi dernier, il ne reste pas plus d'une vingtaine de familles", a affirmé l'une de ces sources qui a requis l'anonymat.
Une autre source au sein d'une organisation humanitaire, qui a également requis l'anonymat, a confirmé que l'Annexe est désormais presque "vide".
"Certaines femmes étrangères ont été transférées vers le camp principal" où vivent des Syriens et des Irakiens, a-t-elle ajouté.
Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) s'étaient retirées du camp le 20 janvier, sous la pression des forces de Damas qui y sont entrées le lendemain.
Un témoin a indiqué à l'AFP avoir vu des hommes armés évacuer du camp des femmes entièrement voilées à bord de voitures après la prise de contrôle des forces gouvernementales.
Selon la première source humanitaire, "un grand nombre d'étrangers ont été clandestinement transférés vers Idleb et d'autres provinces, et une petite partie est entrée" dans la partie du camp réservée aux Syriens et aux Irakiens et moins gardée.
Idleb (nord-ouest) abritait de nombreux jihadistes étrangers et c'est une coalition islamiste partie de ce bastion rebelle qui avait lancé fin 2024 une offensive fulgurante qui lui a permis de prendre le pouvoir en Syrie.
Un Syrien résidant dans le camp, qui s'est présenté comme Abou Mohammed, 35 ans, a déclaré à l'AFP via WhatsApp que "quelques jours après" le départ des forces kurdes, "les femmes et les enfants de la section des étrangers (..) ont commencé à quitter le camp en grand nombre".
Une source de l'administration du camp, qui relève désormais du ministère des Affaires étrangères, a déclaré à l'AFP que les autorités procèdent actuellement à un recensement des habitants du camp.
Interrogée au sujet des évasions, elle a répondu que "la responsabilité de tout cela, si c'est avéré, incombe des FDS qui se sont retirées du site sans processus de remise" du camp aux autorités syriennes.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.