Page Précédente

Syrie: l'armée reprend un village alaouite théâtre d'un "massacre"


Lundi 17 février 2014 à 19h51

DAMAS, 17 fév 2014 (AFP) — L'armée syrienne a repris lundi le contrôle total du village alaouite de Maan, dans la province de Hama (centre), où un "massacre" a été perpétré par les rebelles début février, selon l'agence officielle Sana.

"Des unités de l'armée ont renforcé leur contrôle total sur Maan, après avoir anéanti les terroristes qui s'y étaient infiltrés et qui avaient perpétré un massacre contre les habitants civils, tuant des dizaines d'entre eux, notamment des femmes", a précisé Sana, citant une source militaire.

La télévision publique a fait état du "retour de la sécurité" à Maan, dont les habitants sont alaouites, branche du chiisme et communauté minoritaire à laquelle appartient le président Bachar al-Assad. Selon la chaîne, 42 civils y avaient été tués par "les terroristes", terme utilisé pour désigner les rebelles.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé la reprise de Maan "après des bombardements et des combats".

Le 9 février, des combattants de brigades islamistes avaient tué au moins 25 civils, dont 14 femmes, et 20 combattants pro-régime à Maan, selon un nouveau bilan de l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales et militaires.

L'ONU avait elle aussi dénoncé "un massacre" dans ce village, faisant état de "dizaines de civils (qui) auraient été brutalement tués".

Sur un autre front, dans la ville de Homs, d'où plus de 1.400 civils ont été évacués par l'ONU des quartiers rebelles assiégés depuis près de deux ans, les bombardements aériens ont repris lundi pour le deuxième jour consécutif, selon l'OSDH.

Dimanche, plusieurs secteurs ont été bombardés alors que des combats opposaient les rebelles à l'armée à la périphérie. L'opération humanitaire à Homs a été suspendue, régime et rebelles s'accusant mutuellement d'entraver le processus.

Le gouverneur de la province, Talal Barazi, a annoncé lundi la libération de 17 hommes évacués des quartiers rebelles. Selon lui, sur les 390 hommes --âgés de 15 à 55 ans-- qui avaient été arrêtés à leur sortie de l'enclave, 228 ont été libérés. Selon l'ONU, 430 personnes évacuées ont été arrêtées.

Dans la province de Homs, deux commandants de brigades rebelles ont péri dans des combats contre l'armée et une jeune fille de 18 ans est morte après des tirs de soldats à l'arme lourde sur les environs d'Al-Dara al-Kabira, selon l'OSDH.

Plus au nord, dans la province d'Alep, un jihadiste allemand ainsi que d'autres combattants ont été tués dans l'explosion d'une bombe à Menbej.

Dans cette province, Alaa Jabou, un chef du Front kurde qui avait combattu les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) a été tué dans un bombardement de l'armée syrienne.

Dans le centre, l'armée syrienne resserrait lundi son étau autour de Yabroud, dernière importante localité rebelle dans une région stratégique frontalière du Liban, à 75 km au nord de la capitale.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), de violents combats se déroulaient lundi entre les forces du régime et des brigades islamistes locales ainsi que des jihadistes du Front al-Nosra aux abords de Yabroud, dans la région montagneuse de Qalamoun.

Le conflit, né de la répression sanglante par le régime de la révolte pacifique déclenchée en mars 2011, a fait plus de 140.000 morts en Syrie, selon un récent bilan de l'OSDH. Il est devenu plus complexe avec la montée en puissance de jihadistes venus en majorité de l'étranger.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.