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Syrie: l'un des Australiens libérés par les Kurdes banni temporairement par Canberra


Mercredi 18 février 2026 à 09h20

Sydney, 18 fév 2026 (AFP) — L'Australie a frappé d'une interdiction temporaire d'entrée sur son territoire l'un de ses ressortissants figurant parmi une trentaine de candidats au retour soupçonnés d'être liés au groupe jihadiste Etat islamique et libérés lundi par les forces kurdes de Syrie, a annoncé le gouvernement mercredi.

Cette personne, qui n'a pas été identifiée, fait partie d'un groupe de 34 femmes et enfants australiens présents dans le camp syrien de Roj.

"Je peux confirmer qu'une personne au sein de ce groupe a fait l'objet d'un ordre d'exclusion temporaire, émis sur avis des agences de sécurité", a déclaré le ministre de l'Intérieur Tony Burke dans un communiqué envoyé à l'AFP.

A ce stade, les agences de sécurité australiennes n'ont pas indiqué si d'autres personnes de ce groupe pourraient tomber sous le coup d'une interdiction de retour similaire.

La loi australienne permet au ministère de l'Intérieur de délivrer des ordres d'exclusion pour une durée maximale de deux ans dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les violences politiques.

Le groupe de 34 personnes a été libéré lundi par les forces kurdes qui contrôlent le camp de Roj, dans le nord-est de la Syrie.

En route pour Damas pour ensuite être rapatriés, ils ont dû finalement rebrousser chemin, pour un problème de papiers et de mauvaise coordination de leurs proches avec le gouvernement de Damas, selon les responsables kurdes.

Le gouvernement australien a clairement annoncé mardi qu'il n'apporterait aucune aide au rapatriement de ce groupe.

"Comme disait ma mère, comme on fait son lit, on se couche", a déclaré mardi le Premier ministre Anthony Albanese.

"Nous n'avons aucune sympathie, franchement, pour des gens qui partent à l'étranger dans le but de participer à ce qui était une tentative d'établir un califat pour saper et détruire notre mode de vie", a-t- déclaré.

"C'est malheureux que des enfants soient aussi affectés par tout ça mais nous n'apporterons aucune aide" et la loi australienne sera "pleinement" appliquée s'ils reviennent et ont commis des crimes punis par la loi, a-t-il ajouté.

"Nous ne ferons rien pour rapatrier ni pour aider ces personnes", a-t-il répété devant des journalistes mercredi.

En 2023, l'organisation humanitaire Save the Children Australia (STCA) avait intenté un procès au nom de 11 femmes et 20 enfants pour obtenir leur rapatriement. Mais la Cour fédérale australienne avait statué contre l'ONG, affirmant que le gouvernement australien ne contrôlait pas leur détention en Syrie.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.