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Syrie: l'armée accorde un délai aux civils pour fuir des zones qu'elle veut reprendre aux Kurdes


Jeudi 15 janvier 2026 à 12h10

Alep (Syrie), 15 jan 2026 (AFP) — L'armée syrienne a accordé un délai jeudi aux civils pour évacuer une zone du nord du pays dont elle veut reprendre le contrôle aux forces kurdes, après les avoir délogées de la ville d'Alep.

Les forces syriennes ont massé d'importants renforts à Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alep, face aux positions des Forces démocratiques syriennes (FDS).

L'armée avait sommé mardi les FDS d'évacuer une zone entre cette région et l'Euphrate, plus à l'est, et les Kurdes accusent les autorités de préparer une attaque.

Le pouvoir islamiste syrien avait pris dimanche le contrôle de l'ensemble d'Alep, principale ville du nord de la Syrie, après avoir délogé les combattants kurdes de deux quartiers qu'ils tenaient.

Jeudi, les correspondants de l'AFP sur le front de Deir Hafer n'ont vu qu'un petit nombre de civils emprunter un "couloir humanitaire" ouvert par l'armée jusqu'à 17H00 (14H00 GMT).

L'armée avait utilisé ce même procédé à Alep la semaine dernière, accordant des délais aux civils pour fuir avant de bombarder les quartiers tenus par les Kurdes.

Les autorités syriennes ont accusé les FDS d'empêcher les civils de fuir, mais leur porte-parole, Farhad Shami, a affirmé à l'AFP que ces accusations étaient "sans fondement".

Cette poussée de tension intervient alors que l'application d'un accord conclu en mars 2025 pour intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'Etat syrien est bloquée en raison des exigences contradictoires des deux parties.

Les Kurdes avaient profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est - incluant champs pétroliers et gaziers - après avoir défait le groupe jihadiste Etat Islamique avec l'appui d'une coalition multinationale.

Dans un communiqué, l'autorité autonome kurde a affirmé qu'elle restait prête au "dialogue" avec Damas tout en appelant la communauté internationale à empêcher "une nouvelle guerre".

De son côté, le président syrien Ahmad al-Chareh a affirmé dans une interview télévisée que "la balle est dans le camp de Mazloum Abdi", le chef des puissantes FDS soutenues par les Etats-Unis.

Il a appelé les Kurdes à "oeuvrer main dans la main avec nous pour reconstruire la Syrie", tout en soulignant que l'accord de mars 2025 ne prévoyait "ni fédéralisme ni administration autonome".

Il a souligné que les Kurdes "contrôlent près du quart du territoire syrien" dont les ressources énergétiques, mais que les habitants de ces régions sont en majorité "des tribus arabes" alors que les Kurdes "ne constituent que 12 à 15% de leur population".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.