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Syrie: Hassaké, sous couvre-feu, attend les forces gouvernementales


Lundi 2 février 2026 à 09h26

Hassaké (Syrie), 2 fév 2026 (AFP) — Un couvre-feu proclamé par les forces kurdes est en vigueur lundi dans la ville de Hassaké dans le nord-est de la Syrie, où les troupes gouvernementales doivent se déployer en vertu d'un accord entre Damas et les Kurdes.

L'accord annoncé vendredi prévoit l'entrée de forces gouvernementales dans la zone autonome kurde et l'intégration de ses forces et de son administration au sein de l'Etat syrien.

Les magasins sont fermés et les rues désertes lundi matin à Hassaké, et les forces de sécurité kurdes, les Assayech, sont déployées à l'entrée de la ville, selon des correspondants de l'AFP sur place.

Les autorités locales kurdes avaient affirmé avoir décidé d'instaurer un cessez-le-feu pour "assurer la sécurité des habitants".

L'accord avec Damas porte un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes, qui avaient instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.

Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui avait renversé en décembre 2024 le pouvoir de Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.

Le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), Mazloum Abdi, avait indiqué que la mise en oeuvre de l'accord commencerait lundi.

Il avait indiqué qu'une "force de sécurité intérieure limitée" entrerait dans certains secteurs des deux principales villes de la zone kurde, Hassaké et Qamichli, mais qu'"aucune force militaire n'entrera dans une ville ou localité kurde".

Un cessez-le-feu doit être instauré à Qamichli mardi.

Le ministre syrien de l'Information, Hamza Mustafa, a déclaré vendredi que l'accord prévoyait la remise au gouvernement, dans un délai de dix jours, de certains champs pétrolifères, de l'aéroport de Qamichli, dont se sont retirées la semaine dernière des forces russes, et des postes-frontières.

Les FDS vont être intégrées dans l'armée syrienne, mais resteront au sein d'une division, constituée de trois brigades.

Des forces gouvernementales doivent en outre se déployer dans la poche kurde de Kobané, située plus à l'ouest dans la province d'Alep, mais aucune date n'a été précisée.

Cette ville, séparée territorialement de la zone autonome kurde, est le symbole de la première victoire des forces kurdes contre l'organisation Etat islamique (EI) en 2015 et est actuellement encerclée par les troupes gouvernementales.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.