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Syrie: des ONG réclament une enquête après une vidéo d'exactions lors des combats d'Alep


Lundi 12 janvier 2026 à 17h37

Beyrouth (Liban), 12 jan 2026 (AFP) — Des organisations de défense des droits humains ont réclamé lundi une enquête sur une vidéo montrant un combattant lancer le corps d'une femme depuis un immeuble lors des affrontements la semaine dernière entre forces gouvernementales syriennes et kurdes à Alep, dans le nord de la Syrie.

Les Kurdes ont indiqué que la femme faisait partie de leurs forces de sécurité dans le quartier de Cheikh Maqsoud, théâtre des plus violents combats avant l'évacuation des forces kurdes.

La vidéo, qui a fait le tour des réseaux sociaux depuis samedi, montre un combattant qui jette depuis le deuxième étage d'un immeuble le corps d'une femme, alors que ses camarades en treillis s'exclament "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand).

Selon Rohlat Afrin, cheffe des Unités de protection de la femme (YPJ), relevant des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), la combattante s'était battue avec quatre autres combattants "jusqu'à l'épuisement de leurs munitions".

Ils se sont ensuite donné la mort pour ne pas se rendre, a-t-elle aussi déclaré à l'AFP.

Le Réseau syrien des droits de l'Homme et la plateforme de vérification digitale syrienne Verify-sy ont assuré que les combattants jetant le corps faisait partie de l'armée syrienne.

L'ONG a appelé à "l'ouverture d'une enquête immédiate, sérieuse et indépendante", et à l'arrestation du combattant incriminé.

Cette vidéo, et une autre qui montre "le corps d'un combattant attaché et traîné dans un escalier", "équivalent à des crimes de guerre", a affirmé sur Facebook Mohammad al-Abdallah, directeur du Syria Justice and Accountability Centre

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué de son côté avoir documenté "des violations choquantes, des exécutions de campagne et des mutilations de corps" par les forces gouvernementales au cours des combats d'Alep.

Dans une déclaration à l'AFP, son directeur Rami Abdel Rahman a réclamé la création d'une commission de l'ONU chargée d'enquêter sur les exactions des "groupes liés au pouvoir" dans les quartiers kurdes d'Alep.

Interrogées par l'AFP, les autorités syriennes n'ont pour l'heure pas répondu.

Les combats, les plus graves entre le pouvoir islamiste syrien et les Kurdes, ont fait 105 morts selon l'OSDH, 45 civils et 60 combattants des deux bords.

Les forces de sécurité ont été accusées d'exactions contre les minorités lors des massacres contre les alaouites sur le littoral syrien en mars et des violences contre les druzes dans le sud en juillet.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.