
Mardi 27 janvier 2026 à 15h27
Qamichli (Syrie), 27 jan 2026 (AFP) — La Russie a retiré des forces et des armes d'une petite base à l'aéroport de Qamichli, dans la zone autonome kurde du nord-est de la Syrie, selon une source militaire, un correspondant de l'AFP confirmant le départ de matériel.
Ce retrait russe intervient alors que les forces kurdes, qui contrôlent toujours Qamichli, ont subi un important revers face à l'armée syrienne, à laquelle ils ont dû céder de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie.
"Les forces russes retirent leur matériel et leurs armes lourdes de l'aéroport", a indiqué la source militaire syrienne, basée dans le nord-est du pays, à l'AFP.
Elle a précisé que le matériel et les armes étaient "transportés par avion vers la base russe de Hmeimim", dans l'ouest du pays.
Un correspondant de l'AFP a vu mardi un avion cargo portant le drapeau russe décoller de l'aéroport de Qamichli, ville à majorité kurde.
"C'est le dernier avion à partir", a déclaré à l'AFP un garde des forces de sécurité intérieures kurdes à l'aéroport.
Le correspondant a constaté qu'il n'y avait plus de drapeaux russes à l'aéroport. Un avion cargo, au moins un hélicoptère, des véhicules militaires et des radars, qui s'y trouvaient la veille n'étaient plus visibles mardi.
Interrogées par l'AFP sur ce repli russe, ni les autorités syriennes, ni l'autorité autonome kurde n'ont répondu.
Disposant d'importantes bases dans l'ouest du pays, la Russie, qui était l'alliée du président déchu Bachar al-Assad, s'était déployée fin 2019 dans les zones kurdes du nord-est, en vertu d'un accord avec la Turquie.
L'objectif était de servir de force tampon entre la Turquie et les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), aujourd'hui repliées sur la zone de Hassaké et dont le nouveau pouvoir islamiste de Damas réclame la dissolution.
Les Etats-Unis maintiennent de leur côté une présence militaire dans le nord de la Syrie.
La Russie maintient des bases militaires à Tartous et Hmeimim, situées sur la côte méditerranéenne, qui constituent les seuls avant-postes militaires officiels de la Russie en dehors de l'ex-URSS.
Moscou avait largement utilisé ces installations lors de son intervention en 2015 dans la guerre civile syrienne en soutien à Bachar al-Assad, pilonnant les zones tenues par les rebelles.
Le nouveau président syrien, Ahmad al-Chareh, s'est rendu à Moscou en octobre et affirmé vouloir "redéfinir" les relations avec la Russie, qui souhaite maintenir ses bases.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.