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Syrie: des centaines de localités privées de courant après des frappes turques


Lundi 15 janvier 2024 à 13h18

Qamichli (Syrie), 15 jan 2024 (AFP) — Des centaines de localités du nord-est de la Syrie sont privées de courant depuis dimanche soir suite à des frappes turques contre des centrales électriques, a annoncé lundi l'administration autonome kurde.

Dans un communiqué, l'administration a accusé les forces turques de cibler, depuis vendredi, des installations pétrolières et centrales électriques, entre autres infrastructures dans les zones qu'elle contrôle.

Ankara a annoncé samedi et dimanche avoir effectué des frappes contre les combattants kurdes dans le nord de l'Irak et de la Syrie, après la mort de neuf soldats turcs dans une attaque menée vendredi contre une base militaire turque dans le nord de l'Irak.

L'administration a passé en revue les centaines de localités privées de courant à la suite de ces frappes et affirmé que certaines installations pétrolières avaient été gravement endommagées, dont une complètement hors service.

Les Kurdes ont condamné les attaques "injustifiées" et "l'agression turque".

Depuis dimanche, l'administration autonome a dénombré six centrales électriques ciblées, dont une à deux reprises.

Des journalistes de l'AFP ont vu lundi des pompiers s'employer à éteindre un important incendie qui s'est déclaré dans la centrale de Qamichli.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé au Royaume-Uni et qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, a pour sa part rapporté qu'une septième centrale électrique avait été ciblée plus tard lundi.

Certaines centrales n'ont assuré qu'une dizaine d'heures d'approvisionnement électrique, avant d'être complètement à l'arrêt.

Yasser Sleimane, responsable de l'administration kurde, a appelé la Russie et les pays de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis "à mettre fin à l'agression turque contre nos régions et au ciblage des civils".

L'armée turque a affirmé avoir visé depuis samedi, "conformément à nos droits à l'autodéfense", des dizaines de cibles, notamment des "bases, dépôts et usines à gaz" utilisés par les Unités de protection du peuple (YPG) et par les combattants du PKK.

La Turquie, qui considère ces deux groupes armés comme terroristes, cible régulièrement les bases arrières des combattants kurdes en Syrie et du PKK dans le nord de l'Irak, qui mènent une guérilla contre l'Etat turc depuis 1984.

Entre 2016 et 2019, l'armée turque a également lancé trois opérations d'envergure dans le nord de la Syrie contre les groupes kurdes.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.