
Dimanche 11 janvier 2026 à 11h36
Alep (Syrie), 11 jan 2026 (AFP) — Les forces syriennes ont évacué plus de 400 combattants kurdes du quartier d'Alep dans lequel ils étaient retranchés, dans le nord de la Syrie, vers la zone autonome kurde, et arrêté 300 autres Kurdes, a indiqué un responsable du ministère de l'Intérieur dimanche à l'AFP.
Les combattants ont été évacués "grâce à la médiation des parties internationales" selon les responsables kurdes, après la chute samedi du dernier quartier kurde d'Alep, Cheikh Maqsoud, aux mains des forces gouvernementales syriennes.
Les combats qui avaient éclaté le 6 janvier étaient les plus meurtriers entre les forces des autorités islamistes et les combattants kurdes, qui contrôlent de vastes parties du nord-est de la Syrie et tenaient deux quartiers d'Alep, deuxième ville du pays.
Les forces gouvernementales contrôlent désormais l'ensemble de la ville.
Le responsable qui a requis l'anonymat a précisé que 419 combattants kurdes dont 59 blessés, ainsi que "des personnes tuées" dont il n'a pas précisé le nombre, avaient été évacués du quartier où ils étaient retranchés.
Un correspondant de l'AFP a vu dans la nuit des cars transportant des hommes et des ambulances quitter le quartier de Cheikh Maqsoud sous escorte des forces gouvernementales.
Selon le responsable, 300 autres Kurdes, dont des combattants, ont été arrêtés. Il n'a pas été possible de connaitre l'identité des personnes arrêtées.
Samedi, un correspondant de l'AFP avait vu plusieurs dizaines de jeunes gens, en civil, assis par terre, sous la garde des forces syriennes, avant d'être embarqués dans des cars dont la destination était inconnue.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni mais disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, a confirmé à l'AFP que 300 "jeunes gens kurdes" avaient été arrêtés. Mais son directeur, Rami Abdel Rahmane, a affirmé qu'il s'agissait de "civils".
Dans la ville kurde de Qamichli (nord-est), des centaines de personnes étaient rassemblées dimanche pour attendre l'arrivée des blessés, selon les correspondants de l'AFP sur place.
L'évacuation des combattants a été obtenue "grâce à la médiation des parties internationales", avaient affirmé dans la nuit les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et soutenues par les Etats-Unis.
L'émissaire américain Tom Barrack avait rencontré samedi le président Ahmad al-Chareh à Damas et lancé un appel à la "retenue" et à la fin des hostilités.
Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024, ont tué au moins 21 civils depuis le 6 janvier, et provoqué le déplacement d'environ 155.000 personnes, selon les chiffres officiels.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.