
Lundi 26 janvier 2026 à 14h11
Qamichli (Syrie), 26 jan 2026 (AFP) — Les Kurdes syriens ont accusé lundi les forces gouvernementales d'avoir tué cinq civils, membres d'une même famille, dans des bombardements sur la région de Kobané dans le nord de la Syrie, malgré le cessez-le-feu en cours.
Les deux parties s'accusent mutuellement de violation de la trêve, prolongée samedi soir pour 15 jours entre l'armée et les forces kurdes.
Dans un communiqué, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) ont accusé "des factions affiliées à Damas" d'avoir soumis la localité de Kharab Ashk à "un intense bombardement d'artillerie, de chars et de drones".
Elles ont ajouté que cinq civils d'une même famille avaient été tués et cinq autres blessés dans cette localité située au sud-est de Kobané.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a pour sa part fait état de six tués, estimant qu'un "drone turc était probablement" derrière l'attaque. Les forces kurdes sont la bête noire d'Ankara, allié du pouvoir islamiste syrien.
Les médias officiels syriens avaient accusé dimanche les FDS d'avoir lancé "des drones d'attaque" près de Kobané.
Une haute responsable kurde, Elham Ahmed, a affirmé sur X que le cessez-le-feu "n'a pas été traduit par un véritable engagement sur le terrain".
La poche de Kobané est entourée par les forces gouvernementales et est bordée par la frontière turque au nord. Elle est séparée territorialement de la zone autonome kurde, plus à l'est.
Les FDS accusent l'armée d'imposer un siège à cette ville, symbole de la première victoire des forces kurdes contre les jihadistes du groupe Etat islamique en 2015.
Un premier convoi de l'ONU est arrivé dimanche dans la ville, après l'ouverture d'un corridor humanitaire, pour fournir une "aide vitale" aux déplacés ayant fui les affrontements.
Le pouvoir islamiste de Damas réclame la dissolution des FDS, qui ont dû se replier sous la pression militaire de vastes régions du nord et du nord-est vers leur bastion de Hassaké.
Dans une interview dimanche accordée à un média kurde, le chef des FDS Mazloum Abdi a affirmé avoir "demandé à Damas de ne pas entrer à Kobané".
"Ils ont accepté, et nous espérons qu'ils respecteront cet engagement", a-t-il dit.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.