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Syrie: accueil prudent de l'accord Turquie/USA par les Kurdes


Jeudi 8 août 2019 à 06h40

Qamichli (Syrie), 8 août 2019 (AFP) — Un haut responsable politique kurde s'est félicité jeudi d'un accord américano-turc visant à établir un centre d'opérations conjointes pour le nord de la Syrie, estimant toutefois que les détails de l'accord restaient flous.

"Cet accord peut marquer le début d'une nouvelle approche, mais nous avons encore besoin de plus de détails", a déclaré Aldar Khalil à l'AFP.

"Nous évaluerons l'accord en fonction des détails et des faits, et non des gros titres", a ajouté M. Khalil.

La Turquie et les Etats-Unis ont décidé mercredi d'établir un "centre d'opérations conjointes" pour coordonner la création d'une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie, une mesure visant à prévenir un affrontement entre forces turques et kurdes.

Cette annonce est intervenue après trois jours d'intenses négociations entre Ankara et Washington, qui cherche à éviter une nouvelle opération militaire turque contre les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qui contrôle des zones du nord de la Syrie.

Les YPG sont l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants kurdes et arabes que les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ont appuyé contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Ankara dénonce les liens entre les YPG et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla en Turquie depuis 1984, et redoute que l'implantation d'une zone autonome kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

Selon deux communiqués publiés séparément par le ministère turc de la Défense et l'ambassade américaine à Ankara, les deux pays se sont entendus pour mettre "rapidement" en place "un centre d'opérations conjointes en Turquie pour coordonner et gérer la mise en place de la zone de sécurité".

La Turquie avait multiplié ces derniers jours les menaces d'intervention contre les positions kurdes dans cette région, après des mois de négociations infructueuses avec les Etats-Unis sur l'idée d'une zone de sécurité, née en janvier après l'annonce d'un futur retrait américain de Syrie.

Mardi encore, le président Recep Tayyip Erdogan affirmait que, faute d'accord, il lancerait "très bientôt" une opération.

Le président turc "insiste toujours sur l'élimination de notre présence", malgré le dernier accord, a déploré M. Khalil.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.