
Samedi 20 septembre 2014 à 15h09
Beyrouth, 20 sept 2014 (AFP) — Au moins 300 combattants kurdes de Turquie sont arrivés en Syrie pour prêter main forte à leurs frères d'armes à Aïn al-Arab, troisième ville kurde du pays menacée par le groupe Etat islamique, rapporte samedi une ONG.
Des responsables kurdes et l'opposition syrienne qui lutte à la fois contre l'EI et le régime de Bachar al-Assad ont en outre appelé la communauté internationale à l'aide pour éviter un "nettoyage ethnique" à Kobané, le nom kurde d'Aïn al-Arab.
"Au moins 300 combattants venus de régions kurdes en Turquie ont traversé la frontière avec la Syrie dans la nuit et se sont joints aux (milices kurdes) YPG à Kobané pour combattre l'EI", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
De violents combats entre Kurdes et jihadistes avaient débuté mardi soir dans les environs de cette ville, où l'EI s'est emparé de plus de 60 villages, encerclant de plus en plus Kobané, bastion kurde à la frontière avec la Turquie.
Craignant les terribles exactions de cette organisation ultra-radicale, quelque 45.000 Kurdes se sont réfugiés en Turquie depuis jeudi, selon Ankara.
Plusieurs milliers d'autres se pressaient encore à la frontière samedi, selon un photographe de l'AFP.
Selon l'OSDH, le sort de 800 habitants de ces villages demeure "inconnu". L'ONG syrienne a en outre rapporté l'exécution par l'EI d'au moins 11 civils kurdes, dont deux adolescents, dans les environs de Kobané.
La Coalition de l'opposition syrienne en exil a appelé la communauté internationale, à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine, "à mener une action urgente pour prévenir un nettoyage ethnique et les atrocités commises" dans cette ville.
Le représentant de la Coalition aux Etats-Unis, Najib Ghadbian, a appelé à des "frappes aériennes" pour protéger les civils de "la barbarie de l'EI".
"Kobané fait face à l'attaque la plus barbare de son histoire", a indiqué de son côté dans un communiqué Saleh Moslem Mohammad, co-président du PYD, un des principaux partis kurdes syriens.
Il a lancé un appel à l'aide "aux Etats-Unis, en la personne de son président qui s'est engagé à détruire l'EI, et aux responsables en Europe et en Grande-Bretagne dont les citoyens ont été exécutés par l'EI".
Le président américain Barack Obama a annoncé que son pays était en train de bâtir une large coalition internationale pour affaiblir et, à terme, détruire l'EI. Ce groupe extrémiste est responsable de viols, rapts, exécutions (dont deux Américains et un Britannique) et persécutions en Irak et en Syrie.
"Si vous ne voulez pas qu'il y ait un nettoyage ethnique encore plus barbare que celui de Sinjar, vous devez soutenir Kobané car les prochaines heures seront décisives", précise M. Mohammad.
Le responsable kurde fait référence au fief en Irak des Yazidis, minorité kurdophone et non musulmane, qui s'était presque vidé de ses habitants après avoir été pris le 3 août par l'EI.
"Kobané attend votre action urgente", conclut-il.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.