
Vendredi 18 octobre 2013 à 19h05
DAMAS, 18 oct 2013 (AFP) — Des combats intenses ont fait rage vendredi à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, où des jihadistes ont exécuté 10 soldats, alors que des dizaines de personnes ont péri dans le nord, notamment dans le bombardement d'une ville kurde.
L'ONU, ainsi que les Etats-Unis, s'évertuaient pendant ce temps à pousser pour la tenue d'une conférence internationale de paix, espérée en novembre.
L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Lakhdar Brahimi entame samedi une tournée au Moyen-Orient, et le secrétaire d'Etat John Kerry doit se rendre la semaine prochaine en Europe, tous deux pour discuter de cette conférence dite de Genève-2.
Malgré ces efforts diplomatiques, et afin de dénoncer l'impuissance de l'ONU, en particulier face à cette guerre civile dévastatrice, l'Arabie saoudite, alliée de poids de l'opposition syrienne, a refusé de prendre son siège au Conseil de sécurité.
Sur le terrain, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales, a fait état de violents combats qui ont commencé dans la nuit à Deir Ezzor, la grande ville de l'est du pays.
La ville a en outre subi plusieurs frappes aériennes vendredi matin, qui ont fait des blessés, a ajouté l'OSDH sans pouvoir donner de bilan précis.
Ces frappes sont intervenues après une progression des rebelles dans le quartier de Rashdiya, jusqu'à présent tenu par les forces du régime, où le chef du renseignement militaire de la région avait été tué jeudi.
Dans ce même quartier, des combattants du Front al-Nosra, lié à Al-Qaïda, ont capturé 10 soldats qu'ils ont ensuite exécutés, selon l'OSDH.
Dans la province d'Alep (nord), "douze Kurdes, dont six enfants (...), ont été tués dans un bombardement mené par les forces gouvernementales (...) dans la ville de Tal Aran", a rapporté l'ONG.
Tal Aran est située près de Sfiré, une localité en grande partie contrôlée par des combattants jihadistes et cible de bombardements intenses des forces gouvernementales ces dernières semaines.
Dans cette même province, au moins 20 soldats et sept combattants rebelles sont morts après une attaque d'insurgés contre une base militaire aérienne au sud-ouest d'Alep, également selon l'OSDH.
Brahimi débute une tournée régionale
Sur le plan diplomatique, le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil a évoqué jeudi la date des 23 et 24 novembre pour la conférence de paix pour laquelle Washington et Moscou veulent réunir autour d'une même table des représentants du régime et de l'opposition.
L'ONU a cependant rappelé qu'il lui revenait d'en annoncer la date, alors que son émissaire pour la Syrie entame samedi en Egypte une tournée régionale pour préparer cette conférence.
Il doit aussi se rendre à Damas et à Téhéran, selon sa porte-parole.
M. Kerry participera lui mardi à Londres à une réunion de plusieurs pays membres du groupe des "Amis de la Syrie", soutenant l'opposition (dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie ou l'Arabie saoudite) pour discuter de Genève-2.
La conférence, déjà plusieurs fois reportée, s'annonce compliquée dans la mesure où l'opposition reste profondément divisée sur la seule question de sa participation.
Après le refus du Conseil national syrien (CNS, principal groupe d'opposition), de s'y rendre, Monzer Aqbiq, un membre de la Coalition nationale syrienne, qui chapeaute plusieurs groupes d'opposition dont le CNS, a indiqué que celle-ci se prononcerait sur sa participation à la conférence lors d'une réunion à Istanbul les 24 et 25 octobre.
Outre les participants, l'ordre du jour pose problème: le régime exclut tout départ de M. Assad dans le cadre d'une transition, alors que l'opposition en exil rejette tout maintien du président syrien.
Ces tentatives de parvenir à une solution diplomatique au conflit interviennent un peu plus d'un mois après la conclusion d'un accord entre Washington et Moscou sur le démantèlement de l'arsenal chimique de Damas, au moment où les Etats-Unis menaçaient de frapper après une attaque chimique meurtrière imputée au régime le 21 août.
L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), chargée de superviser la destruction de cet arsenal, a annoncé vendredi avoir vérifié 14 des plus de 20 sites concernés par le processus d'inspection. Ses inspecteurs sont en Syrie depuis le début du mois.
Chypre, une île à quelque 220 km des côtes syriennes, a en outre indiqué qu'elle accueillerait une "base de soutien" pour l'équipe de l'OIAC.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.