
Vendredi 24 avril 2026 à 13h12
Stockholm, 24 avr 2026 (AFP) — Un diplomate suédois chevronné, envoyé spécial en Syrie, a été inculpé vendredi pour avoir détenu et transporté des informations classifiées sans autorisation, a annoncé le parquet suédois.
"Il s'agit d'informations hautement confidentielles dont il s'est saisi sans autorisation, en emportant chez lui puis en conservant, à son domicile et dans sa résidence secondaire, des documents contenant des informations secrètes", a exposé le procureur Mats Ljungqvist, cité dans un communiqué.
Il "a eu connaissance (de ces éléments, ndlr) dans le cadre de ses fonctions antérieures, mais il les a ensuite emportées sans autorisation et se les est appropriées", ajoute-t-il.
Ces informations étaient de "grande importance" pour la sécurité de la Suède.
Le diplomate a également été soupçonné d'avoir remis des documents confidentiels à un ancien responsable politique de la ville de Gävle (centre) mais ce soupçon n'a pu être confirmé et les poursuites ont été abandonnées sur ce volet.
En mai 2025, deux perquisitions spectaculaires avaient été effectuées par les renseignements (Säpo) dans les deux lieux de résidence du diplomate.
Déguisés en ouvriers du bâtiment, les policiers avaient frappé à l'aube et arrêté le fonctionnaire. Une autre personne avait également été arrêtée, mais n'est plus soupçonnée d'infraction.
Ces arrestations avaient suscité de vives réactions en Suède, car le même jour, un autre diplomate, Joachim Bergström, avait été interpellé dans des circonstances tout aussi rocambolesques: des hommes cagoulés des services secrets avaient pénétré de force chez lui et l'avaient traîné hors de son domicile, en pyjama jusqu'à un véhicule qui l'a conduit en détention.
Moins de 48 heures plus tard, après avoir été remis en liberté, il s'était suicidé.
En parallèle, la Suède se trouvait à ce moment-là en pleine négociations avec la Turquie pour la libération du journaliste suédois Joakim Medin, finalement libéré le 16 mai 2025.
Employé depuis 35 ans au sein du ministère des Affaires étrangères de Suède, le diplomate mis en accusation vendredi a occupé plusieurs postes sensibles.
Il a notamment rencontré de nombreux kurdes et autres organisations classées comme "terroristes" par Ankara dans l'exercice de ses fonctions, selon les médias suédois.
Tous ces éléments avaient poussé des journalistes en Suède à enquêter sur de possibles liens entre ces différentes affaires, et de nombreux articles avancent que ces arrestations avaient mené à la libération de Joakim Medin.
"Cette affaire n'a aucun lien avec d'autres enquêtes préliminaires ou procédures judiciaires, que ce soit en Suède ou dans un autre pays", ont assuré les services de renseignement Säpo, dans un communiqué séparé.
Thomas Olsson, l'avocat du diplomate, a affirmé à l'AFP que son client "conteste les faits qui lui sont reprochés, et soutient que les accusations sont totalement infondées".
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.