Mardi 26 septembre 2006 à 08h47
BAGDAD, 26 sept 2006 (AFP) — Le procès de l'ancien président irakien Saddam
Hussein, accusé de génocide contre les populations kurdes, a repris mardi à Bagdad, avec une intervention du juge expliquant à l'ancien président comment il doit se comporter devant le tribunal.
La juge Mohammed al-Oreibi al-Majid al-Khalifa a expulsé deux fois Saddam Hussein du tribunal, en une semaine, en raison de son attitude face à la cour.
Le juge a demandé à l'ancien président de se lever, et lui a lu le règlement sur le comportement à respecter devant le tribunal. Saddam Hussein a écouté patiemment.
"Vous êtes l'accusé ici. Vous avez des droits mais aussi des obligations. Vous pouvez vous défendre, interroger les témoins. Je suis prêt à vous le permettre, mais ici c'est un tribunal et pas une arène politique", a déclaré le juge.
"En manquant de respect à la cour, vous ne faites que nuire à votre cas", a-t-il ajouté.
Le juge a ensuite autorisé Saddam Hussein à s'exprimer, mais celui-ci a agité un document. Le juge a alors indiqué que s'il s'agissait de la même lettre que celle qu'il lui avait déjà envoyée, il ne l'autoriserait pas à la lire au tribunal.
Saddam Hussein a finalement été autorisé à lire sa déclaration, mais les micros du tribunal ont été coupés.
Le contenu de la lettre n'a pas été communiqué à la presse, mais au cours de la précédente journée d'audience, les personnes présentes avaient compris qu'il s'agit d'une plainte de Saddam Hussein à propos de l'absence de ses avocats.
Saddam Hussein et ses six co-accusés ont protesté à plusieurs reprises contre le fait que le procès se poursuive alors que l'ensemble des avocats de la défense ont décidé de boycotter le procès.
Le tribunal doit entendre mardi de nouveaux témoignages de Kurdes victimes des exactions des autorités irakiennes il y a vingt ans.
Saddam Hussein et six de ses lieutenants sont jugés pour avoir ordonné et exécuté les campagnes militaires d'al-Anfal, qui auraient fait en 1987 et 1988 180.000 victimes au Kurdistan, selon l'accusation.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.