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Rapport Baker: "irréaliste et inapproprié" selon le dirigeant kurde Barzani


Vendredi 8 decembre 2006 à 06h35

BAGDAD, 8 déc 2006 (AFP) — Le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, un allié des Etats-Unis, a violemment rejeté vendredi le rapport du Groupe d'études sur l'Irak, jugé "irréaliste et inapproprié".

"Nous n'allons en aucun cas nous conformer à ce rapport", a assuré M. Barzani dans un communiqué, deux jours après sa publication par le groupe d'études co-dirigé par l'ancien secrétaire d'Etat américain James Baker et l'ancien représentant Lee Hamilton.

"En dépit de notre gratitude envers le président George W. Bush et son administration, pour avoir renversé l'ancien régime et leurs efforts à bâtir un nouvel Irak, nous pensons que plusieurs des recommandations du Groupe d'études sont irréalistes et inappropriées", a-t-il ajouté.

M. Barzani critique le fait que les auteurs du rapport ne se sont jamais rendus au Kurdistan, dans le nord de l'Irak, pendant leurs neuf mois de travail préalable à sa rédaction.

"Le rapport contredit ce que James Baker nous a dit au téléphone il y a deux jours, ce dernier nous ayant assuré que le statut spécial du Kurdistan était pris en compte", a encore souligné le chef kurde.

Le rapport suggère de retarder l'application de l'article 140 de la Constitution, qui prévoit un référendum controversé pour décider de l'avenir de la région pétrolière de Kirkouk (nord), revendiquée par les Kurdes mais où vivent aussi des Arabes et des Turcomans.

"Tout délai aura de graves conséquences et ne sera pas accepté par le peuple du Kurdistan", a averti M. Barzani, en refusant la recommandation de partager les revenus du pétrole découvert au Kurdistan, comme c'est le cas dans le reste du pays.

Le Kurdistan irakien est autonome depuis la fin de la guerre du Golfe en 1991. Epargné par les violences qui ensanglantent quotidiennement l'Irak, doté de sa propre armée et de son drapeau, il présente de plus en plus les caractéristiques d'un Etat indépendant.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.