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Syrie: le parti du président Assad remporte les législatives


Jeudi 18 juillet 2024 à 17h12

Damas, 18 juil 2024 (AFP) — Sans surprise, le parti Baas au pouvoir en Syrie a raflé la majorité des sièges lors des élections législatives organisées dans les zones gouvernementales, avec un taux de participation inférieur à 40%, d'après les résultats officiels.

Il s'agit des quatrièmes élections législatives depuis le début de la guerre civile en 2011 qui a fait plus d'un demi-million de morts, morcelé le pays et déplacé des millions de personnes, en l'absence de véritable opposition sur place.

L'opposition en exil a critiqué l'élection comme illégitime, le vote s'étant déroulé sans la participation des Syriens vivant en dehors des zones contrôlées par le gouvernement.

Jihad Mourad, directeur de la commission électorale, a lu jeudi les noms des vainqueurs lors d'une conférence de presse à Damas, sans préciser quel parti l'avait emporté.

Mais en comparant les noms des vainqueurs et les listes de candidats, il s'avère que le Baas et ses alliés ont remporté 185 sièges sur les 250 de l'Assemblée. Les sièges restants ont été remportés par des candidats qui se sont présentés en tant qu'"indépendants" mais sur des listes du Baas pour l'écrasante majorité.

En place depuis 1963, le Baas du président Bachar al-Assad, lui-même au pouvoir depuis plus de deux décennies, et ses alliés se présentaient pratiquement sans opposition.

Le taux de participation a été de 38.16%, selon M. Mourad, contre 33.17% lors des législatives de 2020.

Les Syriens vivant dans le nord-est contrôlé par les Kurdes, dans les zones tenues par les rebelles pro-turcs dans le nord, et dans le bastion d'Idleb (nord-ouest) contrôlé par les jihadistes, ne peuvent voter.

Avec l'aide de l'Iran et de la Russie, ses alliés, M. Assad a repris le contrôle d'une grande partie de la Syrie qu'il avait perdu au début de la guerre.

Hadi Albahra, un haut responsable de l'opposition en exil, avait estimé que ces élections n'étaient "ni libres, ni équitables, ni légitimes", celles-ci n'incluant pas "tous les Syriens".

Durant le scrutin, dans la province méridionale de Soueida, fief de la minorité druze, des rassemblements anti-élections ont eu lieu, selon une ONG et un média local.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.