Page Précédente

Quatre hommes jugés pour leur appartenance à une filière jihadiste à La Réunion


Lundi 29 juin 2026 à 14h48

Paris (France), 29 juin 2026 (AFP) — Le procès de quatre hommes accusés d'avoir appartenu à une filière jihadiste depuis la Réunion vers la Syrie, entre 2014 et 2019, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Seul un des accusés comparaît dans le box, les trois autres étant présumés morts, selon la cour. Agés de 30 à 41 ans, ils sont nés à Madagascar ou à Mayotte avant de se radicaliser à La Réunion.

Le groupe est jugé pour avoir fait partie de plusieurs groupes jihadistes, notamment l'Etat Islamique (EI) et Jabhat al-Nosra, filiale d'Al-Qaïda jusqu'en 2016 et dissous début 2017.

Anthony De Monjoie Maurice, 40 ans, est soupçonné d'avoir posé des explosifs afin d'empêcher l'avancée des troupes kurdes des Forces démocratiques syriennes, qui combattaient l'EI dans le nord-est syrien.

Il est aussi accusé d'avoir effectué des "surveillances" pour le compte du Jabhat Al-Nosra entre 2014 et 2016.

Lui et les trois autres accusés sont soupçonnés de s'être radicalisés à La Réunion où ils ont suivi des cours faisant la promotion du "jihad armé" et un entraînement physique, jusqu'à leur départ pour la Syrie en 2014, a rappelé la cour.

Démantelée en 2015, cette filière était la première de ce type découverte par les services spécialisés dans un département d'outre-mer.

Maurice Anthony De Monjoie est aussi accusé d'avoir joué un rôle de recruteur en tentant de faire venir d'autres ressortissants français en Syrie. Il avait été arrêté en 2019 en Turquie avant d'être remis aux autorités françaises en 2020.

"J'entends les faits qui me sont reprochés mais c'est très exagéré (...) J'ai été qualifié de jihadiste mais mon voyage en Syrie, c'était pour autre chose", a déclaré laconiquement Maurice Anthony De Monjoie, tee-shirt vert, cheveux courts noirs laqués, en début d'audience.

Quand la psychologue l'avait interrogé sur ses motivations pour rejoindre la Syrie, alors en pleine guerre civile, il lui avait répondu "ce qui m'a amené en Syrie ce sont beaucoup de facteurs, mais ce qu'il y avait dans ma tête, c'était la fin du monde", a-t-elle raconté à la barre lundi matin.

Elle note chez ce père de quatre enfants tous nés en Syrie, d'abord élevé dans la religion catholique puis converti seul à l'islam à 27 ans, selon lui, "un rapport au langage qui n'a pas de bases solides ainsi qu'une difficulté à exercer un esprit critique".

Le verdict est attendu le 7 juillet.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.