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Procès anti-PKK: lourdes peines requises contre des intellectuels


Lundi 19 mars 2012 à 15h47

ISTANBUL, 19 mars 2012 (AFP) — Un procureur turc a réclamé de lourdes peines de prison contre deux intellectuels de renom qui seront jugés dans le cadre d'une vaste enquête dans les milieux soupçonnés de collusion avec les rebelles kurdes, a rapporté lundi l'agence de presse officielle Anatolie.

L'acte d'accusation préparé par le procureur aux pouvoirs spéciaux Adnan Cimen réclame 10 ans d'emprisonnement pour "soutien à une organisation terroriste" à l'encontre de Ragip Zarakolu, écrivain et éditeur, et 15 ans pour la constitutionnaliste Büsra Ersanli, accusée d'être "la responsable d'une organisation terroriste", selon l'agence.

Ces deux personnalités ont été arrêtées et écrouées en novembre, ce qui a provoqué des protestations en Turquie et à l'étranger.

L'acte d'accusation doit être validé d'ici 15 jours par un tribunal, avant le début du procès.

Au total 193 suspects, dont 147 sont incarcérés, seront jugés.

Plusieurs opérations d'envergure ont été menées cette dernière année à travers la Turquie dans le cadre d'une offensive judiciaire visant le KCK (Union des communautés kurdes).

Le KCK, une organisation clandestine, est soupçonnée d'être la branche politique du mouvement armé PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), en lutte depuis 1984 contre le pouvoir central.

Les autorités accusent le KCK de vouloir remplacer les institutions officielles dans l'est et le sud-est anatoliens et de favoriser une insurrection dans ces régions.

Selon les autorités turques, le KCK souhaite se substituer à l'Etat turc dans les collectivités locales des provinces à majorité kurde en créant une structure administrative parallèle aux institutions officielles.

Depuis 2009, 700 personnes, selon le gouvernement, et 3.500 selon les milieux kurdes, ont été incarcérées pour collusion avec le KCK.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.