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Poursuite de l'offensive turque contre le PKK


Samedi 22 octobre 2011 à 13h33

CIZRE (Turquie), 22 oct 2011 (AFP) — L'offensive de l'armée turque contre les rebelles kurdes, déclenchée après la mort de 24 soldats mardi dans des attaques du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), se poursuivait samedi pour le troisième jour consécutif, selon un photographe de l'AFP.

L'intervention militaire se déroulait des deux côtés de la frontière turco-irakienne, a ajouté le photographe présent à Cizre, dans le sud-est de la Turquie, région peuplée en majorité de Kurdes, à moins de 70 kilomètres du nord de l'Irak.

Des habitants ont dit à ce photographe de l'AFP avoir vu un convoi de 43 camions de l'armée revenant du nord de l'Irak, une zone dont le PKK a fait, selon Ankara, une base arrière pour ses actions contre les forces de sécurité turques et où il aurait environ 2.000 hommes.

L'offensive continuait parallèlement dans la vallée de Kazan, dans la province d'Hakkari (sud-est de la Turquie), a signalé la chaîne privée de télévision NTV.

Des hélicoptères turcs y ont largué des unités de commandos et plusieurs rebelles kurdes ont été tués dans les combats, selon NTV.

Cinquante-trois séparatistes ont péri depuis le début de l'intervention de l'armée dans la vallée de Kazan, a écrit le quotidien Hurriyet sur son site internet. Un bilan pour le moment impossible à vérifier de sources officielles.

Plus de 30 de ces rebelles ont été tués samedi, assure Hurriyet.

L'armée turque avait annoncé jeudi avoir entamé "des opérations terrestres d'envergure, appuyées par l'aviation (...) en cinq points du nord de l'Irak et en Turquie", avec au total 22 bataillons.

Le nombre des soldats impliqués dans l'ensemble de l'offensive est évalué à 10.000.

Cette intervention fait suite à une série d'attaques simultanées du PKK contre huit objectifs militaires dans la province d'Hakkari, qui ont fait 24 morts et 18 blessés parmi les militaires. Ces combats, les plus meurtriers en presque vingt ans, ont provoqué une onde de choc en Turquie.

Le conflit kurde, qui a débuté en 1984, a fait plus de 45.000 morts dans ce pays.

La Turquie cherche par ailleurs à obtenir le soutien de ses voisins et de l'Europe à ses actions militaires contre les rebelles kurdes.

"Le PKK n'est pas seulement l'ennemi de la Turquie, mais aussi de l'Europe", a ainsi déclaré le ministre turc chargé de l'Union européenne Egemen Bagis, cité samedi par l'agence de presse Anatolie.

"La sécurité de Paris, Bruxelles, Londres commence dans les provinces de Sirnak (sud-est), d'Hakkari", a-t-il affirmé, avant de conclure : "nous devons combattre tous ensemble le terrorisme."

Le Parti des travailleurs du Kurdistan est considéré par l'UE et les Etats-Unis comme une organisation terroriste.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.