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Pause dans les négociations politiques, mise en garde au PKK


Mardi 9 mai 2006 à 06h11

BAGDAD, 5 mai 2006 (AFP) — Les partis irakiens observaient une pause vendredi dans leurs négociations pour former un gouvernement afin d'endiguer la violence, alors que les Kurdes d'Irak mettaient en garde les séparatistes du PKK contre toute action visant la Turquie ou l'Iran.

Au lendemain d'une nouvelle journée de violence où trente personnes ont péri, dont 13 civils dans le centre de Ramadi, à 110 km à l'ouest de Bagdad dans un bombardement américain et 9 dans un attentat suicide à Bagdad, la coalition sunnite et l'alliance chiite ont instauré une pause avant de reprendre de délicates négociations.

Au chapitre des violences, l'armée américaine a américaine a annoncé que trois insurgés ont été tués jeudi par les forces américaines en réponse à une attaque de la rébellion près de la ville de Samarra, à 125 km au nord de Bagdad.

Trois "terroristes" ont également été arrêtés lors de cette opération, a ajouté l'armée américaine dans un communiqué qui précise qu'un civil irakien a également été blessé lors de la fusillade entre insurgés et troupes américaines.

Après ces accrochages, un couvre-feu était imposé vendredi à Samarra, où des véhicules de l'armée américaine et des forces irakiennes ont sillonné les rues de cette ville à majorité sunnite, appelant par haut-parleur la population à ne pas sortir dans la rue.

Samarra est le lieu de l'attentat le 22 février contre l'un des plus importants mausolées de l'islam chiite qui a plongé l'Irak dans une spirale de violences opposant sunnites et chiites.

Au Kurdistan, les Kurdes d'Irak ont mis en garde vendredi les séparatistes kurdes turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) contre toute attaque visant la Turquie ou l'Iran à partir du territoire irakien.

"Ils (le PKK) se trouvent sur notre sol, nous voulons qu'ils respectent la loi et qu'ils ne se servent pas de notre territoire pour lancer des attaques" contre l'Iran et la Turquie, a déclaré à l'AFP Imad Ahmed, vice-Premier ministre de la province de Souleimaniyah, dans le nord du Kurdistan, à 330 km au nord de Bagdad.

Ce responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) du président irakien Jalal Talabani a également formulé le souhait que cette zone autonome du nord de l'Irak puisse vivre en paix avec ses deux voisins, l'Iran et la Turquie.

"Nous ne voulons pas de problème ni avec l'Iran ni avec la Turquie", a-t-il poursuivi, condamnant "toute attaque contre ces deux pays à partir du territoire irakien".

Le PKK avait menacé mercredi la Turquie de représailles si ses troupes, massées à la frontière, pénètrent en Irak pour attaquer ses bases.

Imad Ahmed a toutefois condamné les récentes incursions des forces iraniennes en territoire irakien où elles ont bombardé les positions du PKK.

Les autorités irakiennes avaient accusé dimanche l'Iran d'avoir bombardé des positions du PKK, à 5 km à l'intérieur du territoire irakien contraignant à la fuite des dizaines de familles.

Enfin sur le plan politique, la formation du nouveau gouvernement semble devoir prendre plus de temps que prévu en dépit des déclarations le 24 avril du Premier ministre irakien désigné Nouri al-Maliki de former ce cabinet "dans les 15 jours".

"Je pense que le gouvernement irakien sera présenté avant la fin du délai officiel, même si ce sera difficile de l'avoir en deux semaines comme l'avait annoncé le Premier ministre Nouri al-Maliki", avait estimé jeudi le porte-parole du Front de la Concorde, la principale coalition sunnite, Zhafer al-Ani.

Le Premier ministre, un chiite désigné le 22 avril, dispose d'un délai de 30 jours pour présenter son gouvernement au Parlement.

Le Parlement doit se réunir le 10 mai, jour où le gouvernement pourrait être présenté, selon une source proche du Premier ministre.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.