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Opération de l'armée turque dans le nord de l'Irak contre le PKK


Samedi 1 decembre 2007 à 17h17

ANKARA, 1 déc 2007 (AFP) — Après des semaines de tractations diplomatiques, la Turquie a recouru samedi à l'option militaire contre les rebelles kurdes retranchés dans le nord de l'Irak, une opération ciblée dont l'envergure semblait limitée.

Toutefois, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a démenti que l'armée turque ait mené une incursion contre ses positions tandis qu'à Bagdad, l'armée américaine a indiqué ne disposer d'aucune information concernant une telle opération.

Selon l'état-major de l'armée turque, l'artillerie et des éléments aériens, probablement des hélicoptères de combat, ont attaqué "à l'intérieur des frontières de l'Irak" un groupe "de 50 à 60 terroristes", dénomination officielle des rebelles du PKK, leur infligeant de "lourdes pertes".

L'opération s'est produite au sud-est de la localité turque de Cukurca, dans la province de Hakkari, juste à la frontière, a indiqué l'état-major sur son site internet. "Si nécessaire, a-t-il ajouté, d'autres éléments de l'armée interviendront dans la région", en l'occurrence des unités terrestres.

L'armée turque n'a mené aucune incursion, terrestre ou aérienne, au Kurdistan irakien contre les positions du PKK , a cependant affirmé samedi soir un responsable du mouvement.

"Il n'y a pas d'affrontement avec l'armée turque", a déclaré au correspondant de l'AFP à Erbil (capitale du Kurdistan irakien) ce responsable, qui a requis l'anonymat.

L'armée américaine à Bagdad a indiqué de son côté ne disposer "d'absolument aucune information" sur une incursion.

Accusant les Kurdes d'Irak, alliés des Américains, de soutenir le PKK, la Turquie a menacé de lancer une opération militaire dans le nord de l'Irak pour en déloger les rebelles qui se servent de cette région comme d'une base arrière pour leurs actions dans le sud-est de la Turquie.

La Turquie qui dispose de la deuxième plus grande armée de l'Otan en effectifs (515.000 hommes) après les Etats-Unis, a massé 100.000 hommes à la frontière irakienne, longue de 380 km.

Le 21 octobre, des rebelles venant du Kurdistan irakien avaient tué 12 soldats lors d'une attaque près de la frontière irakienne, accroissant les menaces d'une intervention militaire turque contre le PKK en Irak.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait autorisé mercredi l'armée à réaliser une opération transfrontalière contre les rebelles kurdes en Irak.

"Il s'agit d'une opération contre une cible bien précise et ce n'est pas une surprise car la Turquie a dit et répété qu'elle allait sévir contre les terroristes dans le nord de l'Irak", a commenté l'analyste militaire Armagan Kuloglu sur la chaîne d'information NTV.

Ce général à la retraite a estimé qu'une vaste offensive de l'armée n'est pas d'actualité mais que d'autres opération similaires pourraient être menées dans les jours prochains avec, si nécessaire, une implication d'unités d'élite malgré les difficiles conditions hivernales dans cette zone montagneuse.

Entretemps en Turquie, dans les zones escarpées situées à proximité de la frontière irakienne, dans la province de Sirnak, les troupes turques ont intensifié leurs opérations contre les rebelles kurdes, a rapporté l'agence de presse semi-officielle Anatolie.

Des hélicoptères de combat ont pilonné certains secteurs afin d'empêcher le retour des rebelles dans leurs caches irakiennes, selon l'agence.

Le Parlement turc a autorisé le mois dernier le gouvernement à sévir en Irak contre le PKK, une organisation terroriste pour la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le PKK qui dispose d'environ 5.000 rebelles, dont quelque 3.500 dans la montagne irakienne, a engagé une lutte armée depuis 1984 pour obtenir l'autonomie de l'est et du sud-est de la Turquie au prix de 37.000 morts.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.