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Ocalan veut être rejugé mais les lois turques l'interdisent (avocat)


Mardi 31 janvier 2006 à 13h53

ISTANBUL (Turquie), 31 jan 2006 (AFP) — Le chef séparatiste kurde emprisonné Abdullah Ocalan à demandé à être rejugé conformément à un arrêt en ce sens de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), mais des obstacles judiciaires se présentent devant cette demande, a indiqué mardi l'un de ses avocats.

"Notre client a remis une pétition aux autorités pénitentiaires pour qu'ils transmettent au tribunal son recours pour être jugé à nouveau", a déclaré l'avocat Ibrahim Bilmez à l'AFP.

La CEDH a recommandé aux autorités turques en mai 2005 d'organiser un nouveau procès contre Ocalan, ayant jugé que celui en 1999 au cours duquel il avait été condamné à mort sur l'île-prison d'Imrali (nord-ouest), dont il est toujours le seul détenu, était "inéquitable".

La Turquie doit toutefois amender une loi qui permet de nouveaux procès pour les détenus dont le jugement a été condamné par la CEDH, mais qui exclut Ocalan et près d'une centaine d'autres personnes, a expliqué Me Bilmez.

"Cette loi est toujours en vigueur et devrait être modifiée", a souligné Me Bilmez, qui a rappelé les engagements des autorités turques lorsque la CEDH avait rendu public son arrêt concernant Ocalan.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait assuré à l'époque que "la justice turque suivra la décision" de la CEDH dans l'affaire Ocalan, sans toutefois expliquer comment son gouvernement procéderait.

La peine de mort prononcée contre d' Ocalan, 57 ans, pour "trahison et séparatisme" avait été commuée à la réclusion à perpétuité en 2002 après l'abolition de la peine de mort en Turquie, l'une des mesures adoptées par Ankara afin de conformer aux normes européennes.

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste), que dirige Ocalan, est considéré comme étant une organisation terroriste par la Turquie et nombre de pays occidentaux, dont les Etats-Unis et l'UE.

Le PKK a mené entre 1984 et 1999 une lutte armée pour la création d'un Etat kurde indépendant dans le sud-est anatolien. Les affrontements entre le PKK et les forces gouvernementales, qui continuent encore dans certaines régions turques, ont fait près de 37.000 morts.

Un nouveau procès pour Ocalan, toujours considéré comme l'ennemi public no 1 en Turquie, s'avérera un casse-tête pour le gouvernement en raison des nombreuses critiques qu'il devrait affronter sur le plan intérieur, notamment des milieux nationalistes.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.