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"Nous suivrons l'application de l'accord": soutien prudent des Kurdes de Diyarbakir à l'accord en Syrie


Dimanche 1 février 2026 à 20h04

Diyarbakir (Turquie), 1 fév 2026 (AFP) — Près de deux mille personnes se sont rassemblées dimanche à Diyarbakir, ville à majorité kurde du sud-est de la Turquie, pour afficher un soutien prudent à l'accord entre les Kurdes syriens et Damas, affirmant qu'ils suivront son application, à la veille de son entrée en vigueur.

"Nous suivrons la mise en place de l'accord. Soyez sans crainte. Nous resterons vigilants. Nous refuserons toute nouvelle manoeuvre, toute nouvelle tromperie", a lancé le co-président du parti prokurde DEM Tuncer Bakirhan qui a pris la parole devant les manifestants.

"Je m'adresse au gouvernement d'Al-Chareh. Le statut administratif des Kurdes doit être reconnu. Les obstacles à l'éducation kurde dans leur langue maternelle doivent être levés et garantis constitutionnellement", en Syrie, a-t-il ajouté.

"Ce qu'on méritait n'était pas cela", regrette Erdal Dolan, fermier de 37 ans, venu au rassemblement.

"Mais nous avons agi ainsi pour maintenir nos positions, comme Mazloum l'a dit", dit-il en référence au chef des forces kurdes en Syrie, Mazloum Abdi.

"Tant que les peuples de la région ne se comprendront pas, personne ne peut les réunir de l'extérieur. Nous blâmerons celui qui rompt l'accord", a de son côté lancé Mehmet Emin Kiliç, ouvrier âgé de 35 ans.

Vendredi, Damas et les responsables kurdes ont annoncé être parvenus, après des mois d'impasse et de violents combats, à un accord prévoyant l'intégration progressive des forces et de l'administration de la zone autonome kurde, appelé le Rojava par les Kurdes, au sein de l'Etat syrien.

Qualifié d'accord "global", il porte un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes forgés au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024, le nouveau pouvoir islamiste étant déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.

"Personne ne devrait jouer avec les Kurdes, surtout ceux du Rojava. (...) Les Kurdes veulent faire partie intégrante de la Syrie démocratique, mais avec leurs droits, leur identité et leur statut. Si le régime syrien respecte l'accord du 30 janvier (...) nous en sortirons tous gagnants", a affirmé le co-président du parti prokurde DEM Tuncer Bakirhan.

"Vive la résistance du Rojava", "Jin Jiyan Azadi" (Femme, vie et liberté en kurde), ont chanté les manifestants.

Des rassemblements de soutien aux Kurdes de Syrie ont été organisés dimanche dans plusieurs villes de Turquie, dont Istanbul et Ankara.

Le texte de l'accord signé vendredi prévoit que les forces de sécurité de Damas se déploient dans la zone autonome kurde.

Le chef des forces kurdes en Syrie, Mazloum Abdi, a indiqué que sa mise en oeuvre commencerait lundi, sous le contrôle des forces de sécurité, tandis que les troupes des deux camps ont prévu de se retirer des lignes de front.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.