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Netanyahu critique Erdogan après ses propos sur le cessez-le-feu avec l'Iran


Dimanche 12 avril 2026 à 00h59

Jérusalem, 11 avr 2026 (AFP) — Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a vivement critiqué samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan, après ses récents propos sur le cessez-le-feu avec l'Iran, la présidence turque fustigeant l'attaque "par désespoir" d'un "criminel visé par des mandats d'arrêt".

"Israël, sous ma direction, continuera de lutter contre le régime terroriste iranien et ses alliés, contrairement à Erdogan qui les ménage et a massacré ses propres citoyens kurdes", a lancé samedi M. Netanyahu sur X.

Peu après la conclusion d'un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran, M. Erdogan avait mis en garde mercredi contre "d'éventuelles provocations ou actes de sabotage" susceptibles de compromettre la trêve, sans précision.

Il avait aussi appelé, lors d'un entretien téléphonique avec Donald Trump, à ce que la trêve de deux semaines soit "mise à profit pour parvenir à un accord de paix durable", et à ne "compromettre en aucun cas ce processus".

La présidence turque a réagi aux attaques de Benjamin Netanyahu sur X. "Netanyahu qui a orchestré un génocide à Gaza et attaqué sept pays de la région, cible notre Président par désespoir", a critiqué Burhanettin Duran, directeur de la communication de la présidence turque.

"Ce criminel visé par des mandats d'arrêt (...) entraîne la région dans le chaos et le conflit en guise de stratégie de survie politique", a-t-il accusé.

Ces échanges particulièrement virulents entre Israël et Turquie interviennent alors que le procureur d'Istanbul a annoncé préparer l'inculpation de 35 personnes, dont Benjamin Netanyahu, les ministres de la Défense Israël Katz et de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, après l'arraisonnement au large de Gaza l'été dernier de la "Flotille de la Liberté" qui comptait acheminer de l'aide au territoire palestinien.

Cet acte d'accusation, surtout symbolique, réclame des peines de prison de milliers d'années pour "génocide", "privation de liberté" et "torture" notamment, selon l'agence étatique turque Anadolu.

Le vice-président turc Cevdet Yilmaz a jugé que les propos de M. Netanyahu "ne sont que l'expression de son malaise et de sa culpabilité" et le ministre turc de la Justice, Akin Gürlek, dénoncé des "propos insensés et infondés".

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, s'en est également pris au président turc sur X.

M. Erdogan, "qui n'a pas réagi aux tirs de missiles lancés par l'Iran sur le territoire turc et s'est révélé être un +tigre de papier+, se réfugie désormais dans l'antisémitisme et appelle à des procès-spectacles en Turquie contre les dirigeants politiques et militaires d'Israël".

"Quelle absurdité. Un homme des Frères musulmans, qui a massacré les Kurdes, accuse Israël - qui se défend contre ses alliés du (mouvement islamiste palestinien) Hamas - de génocide (...). Il ferait bien de se taire."

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Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.