
Mercredi 11 mars 2026 à 10h15
Paris (France), 11 mars 2026 (AFP) — "J'viens de niquer du bicot": ce message vocal laissé juste après l'assassinat d'Hichem Miraoui, Tunisien abattu à Puget-sur-Argens (Var) en mai, écorne la défense de Christophe B., suspect qui nie pourtant tout acte raciste, selon des éléments dont l'AFP a eu connaissance mercredi.
"J'veux qu'la France se réveille, y'en a marre", ajoute encore sur le répondeur de son neveu, peu de temps après les faits, celui qui est poursuivi par le Parquet national antiterroriste (Pnat) pour un meurtre raciste inspiré par les idées d'ultradroite, une première.
Le Français de 54 ans, en détention provisoire, est mis en examen depuis juin 2025 pour un assassinat et cinq tentatives d'assassinat en raison d'une "appartenance" à "une prétendue race ou religion déterminée".
Hichem Miraoui, 46 ans, un de ses voisins, était Tunisien. Dans les autres cibles du 31 mai 2025 du suspect, Akif B., blessé à la main, et Halil Ibrahim T., sont Kurdes, tandis que les trois membres d'une même famille, Brahima S., Adjara Béthy K. et Mohamed S., ont des racines en Côte d'Ivoire.
"On ne peut plus rien dire sans être (traité de) raciste", s'est défendu le mis en cause dans un récent interrogatoire, comme l'a rapporté BFMTV.
Le message laissé à son neveu résonne avec les vidéos déjà connues que Christophe B. a postées sur ses réseaux sociaux juste avant de passer à l'acte -"ce soir on dit stop aux islamiques de mes deux", "je vais faire un petit carton"- ou juste après, "mon âme vaut plus que ces putains de bicots".
Ce sont ces messages sur les réseaux sociaux -"tenez vous à carreau les bicots parce que des mecs comme moi il va y en avoir plein"-, de nature à susciter la terreur et troubler l'ordre public, qui ont conduit le Pnat à se saisir.
Le mis en examen, qui dit regretter ses actes, ne les explique pas, avance des "incivilités" latentes dans son quartier ou son alcoolémie ce soir-là et assure ne plus se souvenir de tout.
Il était sorti ce soir-là avec quatre armes à feu et plus de 1.000 cartouches dans sa voiture, arsenal que cet adepte des stands de tir possédait légalement.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.