Page Précédente

Minorité yazidie: procès ordonné à Paris contre une "revenante" de Syrie accusée de complicité de génocide


Lundi 13 avril 2026 à 19h43

Paris (France), 13 avr 2026 (AFP) — Un procès a été ordonné à Paris pour complicité de génocide contre Lolita Cacitti, une Française soupçonnée d'avoir facilité la réduction en esclavage d'une enfant yazidie en 2017 en Syrie, a-t-on appris lundi de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

Ce procès a été ordonné par une décision du juge d'instruction rendue le 9 avril, "dans des termes conformes aux réquisitions du parquet national antiterroriste", qui avaient limité le rôle de Lolita Cacitti à celui de complice, a précisé cette source.

Mme Cacitti avait été mise en examen en juin 2024 comme autrice de génocide. Elle est la deuxième Française à être menacée d'un procès pour son implication supposée dans le génocide des Yazidis, minorité ethnoreligieuse kurdophone, commis par le groupe Etat islamique (EI).

Avant elle, Sonia Mejri, originaire de Grenoble et ancienne compagne d'un dirigeant de l'Etat islamique, a été renvoyée devant la cour d'assises de Paris spécialement composée en matière terroriste pour un procès prévu au premier semestre 2027. Sonia Mejri sera jugée pour génocide.

Lolita Cacitti avait quitté la France en août 2014, avec ses deux garçons. Elle s'est ensuite mariée à Raqqa en Syrie avec Lakhdar Sebouai, membre de la filière strasbourgeoise ayant rejoint les rangs de l'EI, avec qui elle a eu deux autres enfants.

La justice lui reproche, entre autres, son départ volontaire, son mariage religieux avec un "combattant notoire de l'Etat islamique", son apprentissage du maniement de la Kalachnikov et de la ceinture explosive.

Dans ses réquisitions, suivies par les magistrats instructeurs, le parquet antiterroriste imputait aussi à Lolita Cacitti, rentrée en France en août 2021, un rôle dans le génocide et dans les crimes contre l'humanité perpétrés contre les Yazidis.

Il l'accuse d'avoir sciemment aidé le projet génocidaire en hébergeant, pendant un mois minimum en 2017, une esclave âgée de huit ans et de l'avoir ensuite remise à son "propriétaire" saoudien et membre de l'EI.

Contacté par l'AFP, l'avocat de Lolita Cacitti, Me Louis Heloun, n'a pas souhaité commenter.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.