Page Précédente

Marchés financiers: le pétrole reflue, les Bourses dans le vert avant les banques centrales


Mercredi 18 mars 2026 à 11h44

Paris (France), 18 mars 2026 (AFP) — Les prix du pétrole reculent mercredi, avec la reprise partielle des exportations irakiennes de brut bloquées par la paralysie du détroit d'Ormuz, tandis que les Bourses évoluent dans le vert avant les réunions de la Fed et de la BCE.

Vers 08H20 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine perdait 2,62% à 93,69 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédait lui 1,20% à 102,18 dollars.

"La région se réorganise face à l'éventualité d'un conflit prolongé", explique Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

L'Irak a annoncé mercredi la reprise d'une fraction de ses exportations pétrolières, soit 250.000 barils de pétrole par jour, acheminés par oléoduc jusqu'à un port turc, après un accord avec les autorités du Kurdistan autonome irakien.

Ces dernières étaient jusque-là bloquées par la quasi-paralysie du stratégique détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber les prix du pétrole ces deux dernières semaines.

Par ailleurs, le déblocage des 400 millions de barils issus des réserves stratégiques des pays de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a débuté, avec l'ouverture cette semaine des stocks japonais, et devrait s'accélérer vers la fin du mois.

- Les Bourses en hausse, les taux reculent -

Ce "repli marqué du pétrole soutient le sentiment des investisseurs", relève John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.

La flambée du prix du brut depuis le début de la guerre a ravivé les craintes d'un regain de l'inflation dans l'économie mondiale, ce qui a nettement pesé sur les marchés boursiers et fait grimper les taux ces deux dernières semaines.

Résultat, la baisse du pétrole de ces dernières heures poussait les actions à la hausse. En Europe, vers 08H20 GMT, Paris prenait 0,72%, Londres 0,27% et Francfort 0,61%. Milan 0,51%. En Asie, Tokyo a pris 2,86% et Séoul 5,04%. Hong Kong a gagné 0,69%.

Sur le marché de la dette, les taux d'intérêt des Etats baissaient.

Vers 08H15 GMT, le rendement à dix ans allemand, référence en Europe, reculait à 2,88%, contre 2,90% la veille. Son équivalent français atteignait 3,52%, contre 3,55% mardi soir.

Reste que "le rétablissement complet des exportations de pétrole prendra du temps, et nous pourrions bientôt assister à des pénuries, ce qui devrait maintenir une pression à la hausse sur les prix du pétrole", tempère Ipek Ozkardeskaya.

Sur place, la situation ne s'apaise pas, au 19e jour de la guerre.

L'Iran célèbre mercredi les funérailles de son puissant chef de la sécurité Ali Larijani, tué la veille dans une frappe israélo-américaine, et que le chef de l'armée de la République islamique a juré de venger.

- Cap sur les banques centrales -

Les investisseurs se tournent désormais vers les réunions de plusieurs banques centrales.

"La tâche des banques centrales demeure ardue, confrontée à un arbitrage délicat entre la hausse des prix du pétrole et l'incertitude entourant les répercussions potentielles du conflit en Iran", souligne Michael Wan, de MUFG.

Mercredi soir (heure de Paris), c'est la Fed, qui concentrera l'attention. L'institution devrait conserver ses taux à leur niveau actuel. Elle pourrait aussi montrer qu'elle n'est pas prête à les baisser en raison des craintes d'un regain d'inflation causée par la guerre.

Le marché "estime que la probabilité d'une hausse des taux par la Fed au cours des trois prochains mois est désormais supérieure à celle d'une baisse", selon Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.

Le "ton du communiqué de la Fed et de la conférence de presse de Jerome Powell", son président, "détermineront la réaction des marchés", relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB, qualifiant cet exercice de "délicat".

"Si (la Fed) se montre trop préoccupée par les pressions inflationnistes, le moral des marchés pourrait en pâtir", mais "si elle ne se montre pas assez préoccupée", les marchés "pourraient remettre en question sa crédibilité", résume-t-elle.

Suivra ensuite la Banque centrale européenne (BCE) jeudi.

Sa présidente Christine Lagarde a déjà affirmé que l'institution monétaire ferait tout ce qui est "nécessaire" pour que "l'inflation soit sous contrôle" face à la flambée des prix de l'énergie.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.