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Manifestations pro-kurdes: des journalistes allemands arrêtés en Turquie


Dimanche 12 octobre 2014 à 18h25

Berlin, 12 oct 2014 (AFP) — Trois journalistes allemands ont été arrêtés samedi soir par la police turque à Diyarbakir (sud-est), où ont eu lieu des manifestations pro-kurdes, ont indiqué dimanche l'organisation kurde basée en Allemagne Civaka Azad et Reporter sans frontières (RSF).

"L'ambassade allemande à Ankara est alertée et est aussi bien en contact avec les citoyens concernés que les autorités compétentes", a déclaré une porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, interrogée par l'AFP.

"L'ambassade s'efforce d'élucider rapidement les faits ", a-t-elle ajouté, sans donner de détails supplémentaires.

Selon Civaka Azad, la police turque reproche aux trois journalistes, qui possèdent des cartes de presse allemande et internationale, d'être des "espions" et des "agents provocateurs".

Les trois journalistes étaient toujours en garde à vue dimanche soir dans les locaux de la police antiterroriste de Diyarbakir et devaient être présentés lundi matin au procureur de la ville, a indiqué Reporter sans frontières.

Les trois journalistes travaillent en freelance. Le photographe Björn Kietzmann livre régulièrement des photos à l'agence allemande Action Press, a indiqué à l'AFP un journaliste qui les soutient, Benjamin Hiller.

Contacté par l'AFP, le président d'Action Press, Ulli Michel, a confirmé que Björn Kietzmann était l'un de leurs collaborateurs indépendants. Il n'était en revanche pas au courant de son arrestation.

Selon Benjamin Hiller, les deux autres journalistes sont Ruben Martin Neugebauer et Christian Grodotzki. Ils livrent notamment leurs articles et photos aux quotidiens allemands Berliner Morgenpost et Taz, ainsi qu'au magazine Greenpeace.

Diyarbakir est la "capitale" kurde de la Turquie.

Dimanche, le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué que le gouvernement allait renforcer son arsenal législatif pour réprimer les violences lors des manifestations, après les émeutes pro-kurdes qui ont agité le pays cette semaine, faisant plus de 30 morts.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.