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Manifestations en Iran: derniers développements


Mercredi 7 janvier 2026 à 17h09

Paris (France), 7 jan 2026 (AFP) — La contestation ne faiblit pas en Iran, où des affrontements parfois meurtriers éclatent dans différentes villes, en dépit des tentatives d'apaisement du président Massoud Pezeshkian, qui a appelé mercredi les forces de sécurité à ne pas s'en prendre aux manifestants. Voici les derniers développements.

- Deux morts, 30 blessés dans le sud-ouest -

Une manifestation de commerçants à Lordegan, une ville à 455 kilomètres de Téhéran dans le sud-ouest du pays, a dégénéré mercredi en affrontements armés avec les forces de l'ordre, faisant deux morts et 30 blessés, selon l'agence de presse Fars.

Des "émeutiers ont commencé à jeter des pierres sur les forces de l'ordre" et certains en possession d'armes ont "ouvert le feu sur la police", a ajouté Fars, sans préciser si les victimes étaient des policiers ou des manifestants. Des bâtiments officiels de la province ont été endommagés, selon la même source.

- Mosquée attaquée dans le nord-est -

L'agence de presse iranienne Tasnim rapporte que des "émeutiers" ont "jeté des pierres et brisé les fenêtres de la mosquée Imam Khomeini" mercredi après avoir quitté un rassemblement de syndicats à Bojnourd (nord-est du pays).

"Un certain nombre d'émeutiers et d'agitateurs" ont ensuite attaqué une librairie vendant des corans et des livres de prières, ajoute Tasnim, qui précise que le magasin a été incendié et "tous les livres brûlés".

- Apaisement d'un côté, menace de l'autre

Le président Massoud Pezeshkian, qui tient des déclarations plutôt modérées depuis le début de la contestation mais ne détient pas la réalité du pouvoir, aux mains du guide suprême Ali Khamenei, a ordonné mercredi aux forces de l'ordre de ne pas s'en prendre aux manifestants, a rapporté l'agence de presse Mehr.

Toutefois, "ceux qui portent des armes à feu, des couteaux et des machettes et qui attaquent des commissariats et sites militaires sont des émeutiers, et il faut distinguer les manifestants des émeutiers", a-t-il précisé en Conseil des ministres.

Parallèlement, le chef de l'armée iranienne Amir Hatani a haussé le ton après les menaces de Donald Trump d'intervenir militairement en Iran si des manifestants étaient tués, et suite au "soutien" apporté aux protestataires par Benjamin Netanyahu.

L'Iran considère comme une "menace" ces déclarations, a déclaré Amir Hatani. "Si l'ennemi commet une erreur, nous riposterons avec plus de fermeté" que lors de la guerre des 12 jours en juin contre Israël et les Etats-Unis, a-t-il menacé à son tour.

- Affrontements à Téhéran

Pour la première fois, des heurts se sont produits mardi en plein jour au coeur de Téhéran, où des rassemblements sporadiques sans incident majeur s'étaient jusque là principalement tenus en soirée, d'après les médias locaux.

Un hôpital de la ville a été visé accidentellement par du gaz lacrymogène utilisé par les forces de l'ordre pour disperser les manifestants, selon une université citée par l'agence Isna.

Une nouvelle grève a en outre été décrétée mardi dans le Grand bazar de Téhéran, des manifestants se réunissant pour scander "Liberté ! Liberté" !", avant d'être dispersés sous le gaz lacrymogène par les forces de sécurité.

La station de métro du Grand bazar n'est plus desservie jusqu'à nouvel ordre, rapporte Tasnim.

- L'ouest du pays particulièrement touché -

Des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, essentiellement petites et moyennes, surtout dans l'ouest du pays, selon un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Officiellement, 24 provinces sur 31 ont été concernées depuis le début du mouvement.

A plusieurs centaines de kilomètres de Téhéran, des affrontements localement meurtriers ont été rapportés ces derniers jours, notamment à Malekshahi, un comté d'environ 20.000 habitants où vit une importante population kurde.

- Au moins 27 morts, de nombreuses arrestations

Depuis le début du mouvement, au moins 27 protestataires ont "été tués par des tirs ou d'autres formes de violence perpétrées par les forces de sécurité dans huit provinces", a écrit mardi Iran Human Rights (IHR).

Selon l'ONG basée en Norvège, plus de 1.000 personnes ont été arrêtées.

Les médias iraniens relayant des annonces officielles font eux état de 15 morts, dont des membres des forces de sécurité, depuis le début de la contestation.

- L'Australie dit de quitter le pays -

Le gouvernement australien a demandé mercredi à ses ressortissants de quitter l'Iran" dès que possible".

"De violentes manifestations se poursuivent dans tout le pays, susceptibles de s'intensifier... la situation sécuritaire est volatile", peut-on lire dans une nouvelle version de ses conseils aux voyageurs.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.