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Libération d'une Franco-Turque emprisonnée en Turquie depuis 2016


Lundi 17 juin 2019 à 16h24

Toulouse, 17 juin 2019 (AFP) — La Franco-Turque Ebru Firat, emprisonnée en Turquie depuis 2016 pour appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit), a été libérée pour bonne conduite, a-t-on appris lundi auprès de son avocate toulousaine, Agnès Caséro.

Elle devra toutefois pointer au commissariat de police pendant un an, a précisé Me Caséro.

"Je l'ai eue au téléphone samedi. Aujourd'hui, elle a rejoint sa famille en territoire kurde", a expliqué l'avocate.

"En juin 2019, elle pouvait demander un régime de semi-liberté", l'obligeant à passer la nuit en prison. "La décision pour bonne conduite la met en liberté tout de suite", s'est félicitée l'avocate toulousaine.

"Cette décision est de bon augure", a-t-elle ajouté, espérant pouvoir demander la libération totale de sa cliente dans un an.

Selon le media d'investigation Médiacités, Ebru Firat a été libérée lundi 10 juin.

"Je suis très heureuse d'être sortie et d'être avec ma mère et mes frères. Je me sens bizarre, j'ai du mal à réaliser. Je dirais même que je suis sous le choc depuis ma sortie", a confié la jeune femme au media toulousain.

"Je dois rester encore un an et trois mois à Diyarbakir en me rendant toutes les semaines au commissariat", a-t-elle ajouté. Elle compte ensuite revenir à Toulouse, où elle a vécu, avec sa mère et ses frères "car (son) père s'y trouve et y travaille. Nous rentrerons tous lorsque cela sera possible", a-t-elle dit.

Ebru Firat, âgée de 28 ans, avait rejoint le mouvement kurde dans le nord de l'Irak en 2009 "pour faire entendre la voix du peuple kurde", avant de "partir combattre en Syrie" aux côtés des Kurdes, avait-elle expliqué en mars 2017 dans un courrier adressé au président de la République, François Hollande.

Elle lui demandait notamment d'intervenir auprès de l'Etat turc pour obtenir son transfèrement en France.

Née à Moissac (Tarn-et-Garonne), elle était emprisonnée depuis le 8 septembre 2016, date à laquelle elle avait été arrêtée à l'aéroport d'Istanbul alors qu'elle était sur le chemin du retour pour la France.

Elle avait été condamnée à cinq ans de prison pour appartenance au PKK, considéré comme "terroriste" et donc interdit en Turquie, une peine confirmée en appel.

Le cas de la Franco-Kurde avait suscité de nombreux soutiens à Toulouse.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.