
Vendredi 6 février 2026 à 12h18
Beyrouth (Liban), 6 fév 2026 (AFP) — Le chef de la diplomatie française a souligné vendredi la nécessité de donner à l'armée libanaise les moyens de désarmer le Hezbollah pro-iranien et de remplacer à terme la force de l'ONU dans le sud du Liban.
Jean-Noël Barrot est arrivé en milieu de journée à Beyrouth, dernière étape d'une tournée régionale, et doit évoquer avec les responsables libanais la préparation de la conférence de soutien à l'armée que Paris accueille le 5 mars.
"La vision de la France au Liban, c'est celle d'un État fort, souverain, disposant du monopole des armes (...). La première étape pour accomplir cette mission, c'est de donner aux forces armées libanaises les moyens de poursuivre le travail de désarmement du Hezbollah", a déclaré le ministre à l'AFP.
Seul groupe libanais armé, le Hezbollah est sorti affaibli de sa dernière guerre avec Israël, qui a pris fin en novembre 2024.
"Le contexte régional rend la question du désarmement du Hezbollah particulièrement sensible, avec à la fois une crispation des acteurs et un affaiblissement du régime iranien", estime une source diplomatique française, selon laquelle "il y a une fenêtre d'ouverture pour des avancées sur ce dossier".
L'Iran et les Etats-Unis ont entamé vendredi des négociations au sultanat d'Oman, que Téhéran veut limiter strictement à son programme nucléaire, refusant d"évoquer son programme balistique ou son soutien à ses alliés dont le Hezbollah et le Hamas palestinien.
- "L'après-Finul" -
Conformément à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, qui couvre la région entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.
"Le gouvernement libanais a pris ses responsabilités en engageant et en menant jusqu'à son terme la première phase de ce plan de désarmement", a souligné Jean-Noël Barrot.
"C'est la deuxième phase qui doit désormais s'ouvrir et le plan associé à cette deuxième phase doit être présenté dans les prochains jours, et en tout état de cause avant que la conférence ne se tienne", a-t-il poursuivi.
La deuxième phase concerne le secteur entre le Litani et le fleuve Awali, à une quarantaine de kilomètres au sud de Beyrouth. Le Hezbollah affirme refuser de remettre ses armes au nord du Litani.
Outre les responsables libanais, le ministre doit rencontrer le commandant en chef de l'armée Rodolphe Haykal, de retour de Washington qui le soumet à une intense pression pour désarmer sans tarder le Hezbollah.
Jeudi, l'influent sénateur américain Lindsey Graham a annoncé sur X avoir mis fin de façon abrupte à sa réunion avec le général Haykal, quand ce dernier a refusé de qualifié le Hezbollah de "terroriste".
Jean-Noël Barrot a par ailleurs indiqué que l'armée devrait se "substituer le moment venu du retrait de la Finul à ces forces (...)", dont 700 militaires français, qui font tampon entre Israël et le Liban depuis 1978.
- Reconstruction -
Le Conseil de sécurité de l'ONU avait prolongé en août une dernière fois le mandat de la force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul) dont le retrait est programmé en 2027 sous pression des Etats-Unis et d'Israël qui veulent son départ.
"Nous nous sommes battus, je me suis battu, pour éviter que se matérialise le risque d'un retrait brutal de la Finul du Liban qui aurait créé un vide sécuritaire duquel bien des menaces auraient pu émerger", a encore dit Jean-Noël Barrot.
"Il nous faut maintenant préparer l'après-Finul puisque le repli de cette force des casques bleus commencera à la fin 2026 et s'étendra jusqu'à la fin 2027", a-t-il souligné.
Evoquant la reconstruction du pays, il a souligné que "le préalable à l'afflux des financements internationaux, c'est la réforme du système bancaire", saluant "le courage" du gouvernement et ses efforts en ce sens.
Le chef de la diplomatie française est arrivé à Beyrouth en provenance d'Erbil dans le nord de l'Irak, où il a notamment rencontré le chef kurde syrien Mazloum Abdi.
Sa tournée l'a également conduit à Bagdad et Damas, où il assuré vendredi que la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique restait une "priorité absolue".
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