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Les USA qualifient de "terroriste" un groupe rebelle kurde actif en Iran


Mercredi 4 février 2009 à 19h32

WASHINGTON, 4 fév 2009 (AFP) — Le Trésor américain a qualifié mercredi de "terroriste" le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK) et a annoncé le gel des avoirs de ce groupe rebelle kurde actif en Iran et en Irak, que Téhéran accusait par le passé d'être soutenu par Washington.

Cette mesure "expose au grand jour les liens entre les terroristes du PJAK et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et soutient les efforts de la Turquie pour protéger ses citoyens des attentats", a souligné Stuart Levey, secrétaire adjoint au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme.

Contrairement au PJAK, le PKK, groupe rebelle séparatiste kurde de Turquie, figure sur la liste des organisations terroristes étrangères dressée par le département d'Etat américain.

Le PJAK ne prône pas la création d'un Kurdistan indépendant mais affirme lutter pour mettre fin au régime théocratique en vigueur en Iran au profit d'une fédération démocratique dans laquelle les Kurdes se verraient offrir une certaine autonomie.

L'Iran accuse le PJAK d'être responsable de plusieurs attentats sur son sol et accusait encore récemment Washington de le soutenir, avec d'autres organisations d'ethnies non persanes présentes à ses frontières, notamment au Khouzistan, province occidentale du pays à majorité arabe.

Depuis quelques jours, les Etats-Unis ont envoyé des signaux diffus sur l'Iran, pays avec lequel Washington n'entretient plus de relations diplomatiques depuis 1980 et qu'ils accusent de chercher à se doter de la bombe atomique.

Pendant sa campagne électorale, le président américain Barack Obama avait affirmé être prêt à rencontrer son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad. Il y a quelques jours, M. Obama a dit être prêt à "tendre la main" à l'Iran à condition que Téhéran "desserre le poing".

Mais mardi, après que Téhéran eut fait une démonstration de ses progrès en matière de fusées en plaçant un satellite sur orbite, la Maison Blanche a affirmé que les Etats-Unis utiliseraient "tous les éléments de (leur) puissance nationale" pour faire face aux différents défis posés par l'Iran.

Selon Jeffrey Boutwell, directeur pour les Etats-Unis du groupe Pugwash, une organisation internationale de chercheurs qui a obtenu le prix Nobel de la Paix en 1995, M. Obama a engagé il y a plusieurs mois des contacts très discrets avec l'Iran, par le biais d'experts comme l'ancien secrétaire à la Défense William Perry, qui figurait dans son équipe de campagne.

Sans donner plus de détails, un haut responsable gouvernemental américain ayant requis l'anonymat a qualifié ces informations d'"inexactes".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.