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Les proches de militantes kurdes assassinées veulent savoir si le suspect était surveillé


Lundi 30 septembre 2013 à 20h04

PARIS, 30 sept 2013 (AFP) — Les proches de trois militantes kurdes assassinées à Paris en janvier 2013 veulent savoir si l'assassin présumé, Ömer Güney, avait fait l'objet de surveillance par les services de renseignement français avant les crimes, a appris lundi l'AFP de sources concordantes.

Avocat de proches de victimes, Me Antoine Comte a confirmé à l'AFP avoir fait "une demande portant sur l'ensemble des écoutes administratives" qui auraient pu viser Ömer Güney afin de "savoir s'il avait fait l'objet d'une surveillance" des services français. "On m'a répondu que cela n'avait pas de relation avec les faits", a regretté Me Comte qui a fait appel de ce refus. Selon une source proche du dossier, les juges antiterroristes Christophe Teissier et Jeanne Duyé ont rejeté la demande d'acte le 20 septembre.

Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour expliquer les assassinats de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez au Centre d'information kurde (CIK) à Paris: règlement de comptes interne au sein de la mouvance kurde dans un contexte d'ouverture de pourparlers de paix entre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et Ankara, acte du mouvement turc d'extrême droite des "Loups Gris", assassinat politique (thèse privilégiée dans la mouvance kurde), voire crime crapuleux ou différend personnel.

Sakine Cansiz était une figure historique du PKK, considérée comme proche de son chef historique, Abdullah Öcalan.

Güney, arrêté huit jours après l'assassinat des militantes, avait été mis en examen le 21 janvier notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste". Selon le procureur de Paris, il avait été désigné par le PKK comme le chauffeur et l'accompagnateur à Paris de Sakine Cansiz.

Après ce triple homicide, le CIK, proche du PKK, avait nié qu'Ömer Güne soit Kurde ou militant de la cause kurde. Selon le CIK, il s'était rapproché du milieu associatif kurde" de Paris "à partir de novembre 2011", gagnant "la confiance de la communauté" par "une attitude humble, innocente et serviable". Le CIK affirmait avoir appris après son arrestation qu'il était "issu d'une famille proche de l'extrême droite nationaliste turque".

S'il n'a connaissance d'"aucun" élément tendant à démontrer qu'Ömer Güney ait été placé sous surveillance en France sous le soupçon d'être en lien avec des services ou des groupes turcs, Me Comte "demande qu'on vérifie": "Ce refus (d'enquêter sur ce point) ferme des portes qui méritent d'être ouvertes."

"Il n'y a aucun assassinat politique en France qui ait débouché sur la mise en cause de la responsabilité d'un Etat commanditaire" et "j'aimerais bien qu'on rompe avec cette tradition", a dit Me Comte.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.