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Les principales contestations en Iran depuis un quart de siècle


Vendredi 2 janvier 2026 à 12h49

Paris (France), 2 jan 2026 (AFP) — Rappel des principaux mouvements de contestation depuis 1999 en Iran, où des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait six morts jeudi dans l'ouest du pays.

La mobilisation actuelle a débuté fin décembre par des manifestations contre l'hyperinflation et la dégradation de la situation économique, avant de gagner en ampleur et de s'élargir à des revendications politiques.

- Port du voile -

La mort en détention, le 16 septembre 2022, de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire en vigueur avec un voile mal ajusté, déclenche des mois de manifestations dans tout le pays, sous le cri de ralliement "Femme Vie Liberté !".

Plusieurs centaines de personnes trouvent la mort, dont des dizaines de membres des forces de sécurité, et des milliers de manifestants sont arrêtés.

Aujourd'hui, les femmes sont cependant de plus en plus nombreuses à se montrer tête nue en public à Téhéran et dans les grandes villes, bravant l'obligation du port du voile en vigueur depuis l'avènement de la République islamique en 1979.

- Pénuries d'eau et d'électricité -

Le 15 juillet 2021, des protestations éclatent contre les pénuries d'eau dans la province du Khouzestan (sud-ouest), frappée par la sécheresse. Trois personnes sont tuées dans cette région et une quatrième lors d'"émeutes" dans la province voisine de Lorestan, selon les médias officiels.

Le même mois, plusieurs dizaines de personnes crient des slogans contre le pouvoir à Téhéran lors d'un rassemblement pour protester cette fois contre les coupures d'électricité.

En novembre, des milliers de personnes se rassemblent à Ispahan pour protester contre l'assèchement d'une rivière emblématique dans le centre de l'Iran, dû entre autres à la sécheresse. La police annonce l'arrestation de près de 70 personnes après des heurts entre police et manifestants.

- Hausse du prix de l'essence -

Le 15 novembre 2019, des manifestations éclatent peu après l'annonce d'une forte hausse du prix de l'essence. La contestation touche une centaine de villes, dont Téhéran, Machhad et Ispahan.

Selon Amnesty International, plus de 300 personnes ont été tuées en trois jours dans la répression, des chiffres rejetés par Téhéran. Au moins 7.000 personnes auraient été arrêtées, d'après le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

- Contre la vie chère et le pouvoir -

Fin décembre 2017, des centaines de personnes manifestent à Machhad (nord-est), deuxième ville du pays, et dans d'autres villes contre la hausse des prix, le chômage et le gouvernement.

Les autorités coupent l'accès à la messagerie Telegram et au site de partage de photos Instagram, accusant des groupes "contre-révolutionnaires" à l'étranger d'utiliser ces réseaux pour appeler les gens à manifester.

Jusqu'au 1er janvier 2018, les troubles s'étendent à plusieurs dizaines de villes. Des manifestants attaquent et parfois incendient des bâtiments publics, des centres religieux, des banques et des voitures de police.

Le mouvement fait au moins 25 morts, en majorité des manifestants, et entraîne des centaines d'arrestations.

- Manifestations post-électorales -

Mi-juin 2009, la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad provoque un mouvement de contestation à Téhéran, violemment réprimé. Les partisans de son rival, Mir Hossein Moussavi, dénoncent des fraudes. Emeutes et affrontements se multiplient, des journalistes étrangers sont empêchés de travailler ou priés de quitter le pays.

Le pouvoir finit par écraser la contestation par une répression sévère qui fait des dizaines de morts et des milliers d'arrestations, laminant les milieux politiques et intellectuels d'opposition par des dizaines de condamnations souvent très lourdes.

- Contestation étudiante -

En juillet 1999 éclate un mouvement de protestation d'étudiants émaillé de violences.

Le 8, une centaine d'étudiants se rassemblent dans des dortoirs universitaires de Téhéran pour protester contre l'interdiction d'un quotidien proche du président réformateur Mohammad Khatami. Dans la nuit, un premier assaut est donné. Le lendemain, le mouvement gagne de l'ampleur notamment à Tabriz (nord-ouest) et la violence redouble.

Quatre jours plus tard, des affrontements opposent manifestants aux forces de l'ordre, policiers et bassidj (volontaires islamistes chargés de certaines tâches de maintien de l'ordre), dont l'intervention met pratiquement fin à la contestation.

Les violences font trois morts officiellement, cinq selon la presse.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.