Page Précédente

Les peshmergas prêts pour Kobané mais attendent le feu vert turc


Lundi 27 octobre 2014 à 14h17

Erbil (Irak), 27 oct 2014 (AFP) — Des combattants kurdes irakiens sont prêts à partir pour défendre la ville syrienne de Kobané assaillie par les jihadistes mais attendent un feu vert d'Ankara pour prendre la route, a déclaré lundi un responsable kurde.

"Les peshmergas ne sont pas encore partis pour Kobané, nous sommes prêts à les envoyer", a affirmé à la presse à Erbil Moustafa Qader, qui dirige le ministère en charge des peshmergas, les forces de sécurité de la région autonome du Kurdistan irakien.

"Nous attendons de savoir quelle position adopte l'Etat turc, et pour cette raison nous n'avons encore envoyé aucune force", a-t-il poursuivi, sans préciser ce qu'il attendait exactement de la part d'Ankara.

Halgord Hekmet, le porte-parole du ministère en charge des forces kurdes, avait annoncé vendredi que le déploiement de cette "force de soutien", au maximum 200 combattants équipés d'armes automatiques, de mortiers et de lance-roquette, devait arriver au cours de cette semaine à Kobané.

La Turquie avait créé la surprise en autorisant, sous le pression des Etats-Unis, le passage aversée de son territoire à des peshmergas envoyés en renfort à Kobané.

Contrairement aux Etats-Unis, le gouvernement islamo-conservateur turc est opposé à toute aide directe aux combattants kurdes syriens qui se battent contre les jihadistes à Kobané car ces derniers sont membres de la branche armée du PYD (Parti de l'union démocratique), affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), bête noire de la Turquie.

Dimanche, le président turc Recep Tayyip Erdogan, a à nouveau fustigé le PYD, le qualifiant d'organisation "terroriste" et assurant qu'il ne souhaitant pas recevoir le renfort de combattants peshmergas.

Le PYD ne tient pas à ce que "les peshmergas arrivent à Kobané et y dominent", a assuré M. Erdogan estimant que le PYD ne voulait pas risquer de perdre son influence dans le nord de la Syrie.

A Kobané, les combats se poursuivaient lundi, après l'explosion de deux véhicules piégés dans l'est de la ville dimanche soir, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.