Page Précédente

Les panneaux de circulation bilingues turc-kurde font leur apparition en Turquie


Jeudi 26 novembre 2009 à 10h48

DIYARBAKIR (Turquie), 26 nov 2009 (AFP) — Les premiers panneaux de circulation bilingues turc-kurde ont fait leur apparition dans le sud-est de la Turquie à l'initiative de la mairie de Diyarbakir, réagissant aux annonces du gouvernement en faveur des droits des Kurdes, a constaté jeudi un correspondant de l'AFP.

Les panneaux indiquent désormais la direction des villages dépendant de la municipalité de Diyarbakir, principale ville du sud-est anatolien peuplé en majorité de Kurdes, en turc mais aussi dans leur nom d'origine kurde.

Selon une source municipale, 82 villages sont concernés par la réforme, mais les panneaux continuent de désigner la ville de Diyarbakir par son seul nom turc.

Des travaux préliminaires étaient déjà en cours depuis un mois, mais les récentes déclarations du ministre de l'Intérieur Besir Atalay ont accéléré la mise en oeuvre du projet, a indiqué cette source, insistant sur le fait que les habitants utilisaient de toutes façons les noms kurdes des villages dans leur vie quotidienne.

M. Atalay a dévoilé le 13 novembre les grandes lignes d'un plan de réformes visant à améliorer les droits de la population kurde. Parmi elles figure la possibilité pour les communes "turquisées" de retrouver leur nom originel kurde. Cependant, aucun projet de loi n'a encore été transmis au Parlement.

Le retour pour certains villages -comme Yesildalli/Heware Xas, Kabahidir/Qubaxidir par exemple- à leur nom d'origine kurde brise en outre le tabou qui pesait sur l'usage des lettres x, q et w, longtemps prohibées en Turquie car n'appartenant pas à l'alphabet turc.

L'emploi du kurde est encore officiellement proscrit dans les administrations et la vie politique, même si le projet dévoilé par M. Atalay envisage d'autoriser l'utilisation de cette langue par les partis politiques.

Le gouvernement turc, issu de la mouvance islamiste, mène depuis plusieurs années des réformes pour accroître les droits des Kurdes et tarir leur soutien aux rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte depuis 1984 contre Ankara.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.