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Les Kurdes iraniens en exil démentent tout trafic d'armes vers l'Iran


Mardi 19 mai 2026 à 13h23

Souleimaniyeh (Irak), 19 mai 2026 (AFP) — Trois des principaux mouvements kurdes iraniens en exil dans le nord de l'Irak ont démenti mardi avoir essayé de faire entrer des armes américaines en Iran, au lendemain d'accusations proférées par les Gardiens de la Révolution iraniens.

Le Kurdistan irakien, une région autonome, abrite des camps et des bases arrière de groupes rebelles kurdes iraniens, que Téhéran qualifie d'organisations terroristes, les accusant d'être au service des intérêts américains ou israéliens.

Lundi, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir frappé sur le sol iranien des groupes "basés dans le nord de l'Irak" et "agissant pour le compte des Etats-Unis et d'Israël", près de la frontière irakienne.

Ces groupes, non identifiés, "tentaient d'introduire dans le pays une importante cargaison d'armes et de munitions américaines", selon des déclarations des Gardiens rapportées par l'agence Isna.

Les rebelles kurdes iraniens ont été pris pour cible à plusieurs reprises depuis l'entrée en vigueur, le 8 avril, d'un fragile cessez-le-feu dans la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. Ces groupes ont toutefois évacué la plupart de leurs camps par précaution.

"Nous n'avons pas envoyé d'armes. Le régime islamique n'a pas saisi d'armes ou d'équipements nous appartenant", a affirmé à l'AFP Ahwan Chiako, du Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK).

Les informations sur des expéditions d'armes "sont complètement fausses, et ne servent que de prétexte" à l'Iran pour "poursuivre ses attaques de drones et de missiles sur le Kurdistan", a assuré pour sa part Amjad Hossein Panahi, du parti Komala en exil.

De son côté, un responsable du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (PDKI) a également indiqué, sous couvert d'anonymat, que "nous n'avons envoyé aucune arme".

Depuis le début de la guerre le 28 février, les groupes kurdes iraniens en exil ont indiqué vouloir attendre un soulèvement populaire en Iran - qui ne s'est pas produit - avant d'intervenir.

En mars, le Premier ministre adjoint du Kurdistan, Qubad Talabani, avait assuré à l'AFP n'avoir constaté "aucune tentative" des Etats-Unis d'armer les groupes de l'opposition iranienne présents sur le territoire.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.