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Les Kurdes doivent décider s'ils veulent faire partie de l'Irak (ministre)


Vendredi 9 decembre 2011 à 17h46

BAGDAD, 9 déc 2011 (AFP) — Les Kurdes doivent décider s'ils veulent faire partie de l'Irak ou s'ils veulent être indépendants, a affirmé le ministre irakien du Pétrole Abdel Karim al-Luaybi à propos des contrats signés par le gouvernement de la région autonome kurde sans l'aval du gouvernement de Bagdad.

"C'est inacceptable que les Kurdes signent des contrats pour l'attribution de chaque mètre carré du Kurdistan irakien sans faire participer à la décision les habitants des 15 autres provinces et qu'ils puissent participer aux décisions concernant les champs pétroliers dans le reste de l'Irak",a déclaré M. Luaybi dans un entretien publié vendredi sur le site Iraq Oil Forum.

Le gouvernement du Kurdistan irakien a signé dans le passé une quarantaine de contrats avec des compagnies étrangères sans en informer le ministère du Pétrole, ni lui transmettre les contrats.

"Aucun Irakien, qu'il soit Arabe ou Kurde, ne peut accepter cela. Alors, en dernier ressort, la région du Kurdistan doit décider si elle fait le choix stratégique d'être partie prenante de l'Irak ou si elle a dans l'idée d'établir un Etat indépendant. C'est son choix. Mais ils doivent être clairs avec nous", a-t-il souligné.

Concernant le projet de loi sur les hydrocarbures, adopté par le Conseil des ministres le 25 août 2011 mais bloqué au Parlement, M. Luaybi a affirmé: "Il y a des principes de base sur lesquels il est impossible de transiger: les contrats dans le secteur pétrolier doivent être approuvés par le (gouvernement) central et toutes les ventes de pétrole doivent se faire de la même manière".

"Pour moi, il s'agit d'une ligne rouge et il ne s'agit pas seulement du Kurdistan mais cela concerne tout l'Irak (...) Cette loi peut conduire à la préservation de l'Irak en tant qu'entité ou au contraire conduire à l'éclatement du pays en petits Etats", a-t-il ajouté en précisant qu'il y avait peu de chance que cette loi soit adoptée comme prévue avant la fin de l'année.

Par ailleurs, le ministre a intimé l'ordre au groupe américain ExxonMobil de choisir entre l'exploitation du gisement de Qourna-ouest et l'accord récemment signé avec le gouvernement régional du Kurdistan.

Le groupe "doit prendre sa décision finale. Notre position est claire: aucune compagnie, que ce soit ExxonMobil ou une autre, n'est autorisée à violer notre Constitution et nos lois", a-t-il dit.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.