
Dimanche 26 mai 2013 à 15h04
ISTANBUL, 26 mai 2013 (AFP) — Les Kurdes de Syrie veulent participer à la conférence internationale de paix dite "Genève 2", que ce soit dans les rangs de la Coalition nationale de l'opposition syrienne ou en dehors, ont affirmé dimanche à l'AFP des représentants de la principale plateforme politique kurde syrienne.
"Nous voulons aller à Genève, nous l'avons dit aux Américains, aux Français, aux Britanniques, aux Allemands", a déclaré Mohamed Ali, venu à Istanbul assister au nom du Conseil suprême kurde à une réunion de la Coalition, qui regroupe les principaux acteurs de l'opposition syrienne.
"Nous voulons y aller, soit comme membres de la Coalition soit en tant que Conseil suprême kurde", a indiqué Sherwan Ibrahim, membre de la même organisation.
La Coalition nationale de l'opposition syrienne est réunie depuis jeudi à Istanbul pour débattre de sa participation à des négociations avec le régime du président Bachar al-Assad pour mettre fin au conflit qui ensanglante la Syrie depuis plus de deux ans.
Les Etats-Unis et la Russie sont à l'origine de cette initiative, pour laquelle Moscou a annoncé jeudi que Damas avait donné son accord de principe.
Mais les débats entre membres de l'opposition piétinent à Istanbul, certains opposants imputant cet échec à une guerre d'influence entre puissances régionales qui tentent de faire entrer leurs alliés syriens respectifs dans la Coalition avant tout débat sur une participation à Genève 2.
Dimanche, les membres de la Coalition ont repris leurs débats pendant une heure et demie, sans parvenir à s'entendre et à procéder à un vote sur l'entrée de nouveaux membres, a indiqué une porte-parole de la Coalition.
Depuis le début de la révolte syrienne, les Kurdes (10% de la population), présents dans le Nord, ont tenté de garder leurs régions à l'abri des violences. A l'été 2012, l'armée régulière s'en est retirée sans combats.
Si les kurdes sont hostiles au pouvoir qui les a réprimés pendant des décennies, ils ont essayé aussi d'empêcher les rebelles de pénétrer dans leurs régions pour éviter des représailles des troupes régulières, suscitant des soupçons de collusion avec le régime.
Le Conseil suprême kurde, né en juillet 2012 d'un rapprochement entre le Parti de l'union démocratique (PYD), proche des rebelles kurdes de Turquie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), et le Conseil national kurde (KNC), refuse d'intégrer la Coalition tant que celle-ci n'aura pas reconnu dans ses statuts l'existence et les droits de la minorité kurde de Syrie.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.